Les ventes de véhicules devraient baisser de plus de 10% en 2020 et les bénéfices de près de 50%, notamment du fait de la production interrompue durant le confinement. Même si l’on évoque le pic de la pandémie et l'atténuation du confinement d'ici un à deux mois, on ne peut espérer un envol subit des ventes. Principal pôle de croissance, l’Asie elle-même devrait avoir une croissance nulle, une première en 60 ans.

Sur une note plus positive, les plans de relance devraient atténuer l’impact de la récession. Les recommandations de distanciation sociale incitent à favoriser la voiture et délaisser transports en commun, taxis et autres services de mobilité à la demande. En Chine, le trafic autoroutier, contrairement aux transports en commun, revient à la normale – une situation qui, en perdurant, favoriserait l’achat de véhicules par ceux qui n’en possèdent pas encore.

Retard des voitures autonomes

En termes d’innovation, le COVID-19 devrait freiner les investissements dans le développement des véhicules autonomes et retarder leur arrivée – un horizon sans cesse repoussé.

La transition vers les véhicules électriques (VE) est, elle, bien engagée et l’offre devrait s’étoffer malgré la crise et la chute du prix du pétrole. Tous les constructeurs ont des projets de VE et ne peuvent se permettre de les reporter, Tesla, le premier entrant, ayant une longueur d’avance.

Si elles sont impactées à court ou moyen terme, les ventes de VE devraient bénéficier à long terme de la prise de conscience du changement climatique et des pressions gouvernementales sur les émissions polluantes. La Chine, premier marché mondial de VE, va prolonger les subventions pour l’achat de véhicules à batterie ou hybrides jusqu’en 2022.  En Europe, deuxième marché mondial, les ventes de VE sont en hausse de plus de 100% sur les deux premiers mois 2020, alors que dès cette année, les émissions des nouvelles voitures de tourisme ne pourront dépasser 95g de CO2 par km en moyenne.

Aucun risque lié au pétrole

Quant à la chute du cours du baril, le gestionnaire de fonds thématiques spécialisé dans l’innovation et la technologie d’AtonRâ Partners n’y voit pas de danger. Au contraire, crises géopolitiques et instabilité du pétrole ont déjà mené «les grands groupes pétroliers à se tourner vers les énergies propres, la mobilité électrique et d'autres services énergétiques, et cette tendance va s’accélérer».

Dans un contexte de ralentissement économique et d’avenir incertain du secteur à moyen terme, les groupes automobiles les mieux capitalisés et ayant développé l’électrique en sortiront renforcés à long-terme.