Les actions immobilières se sont révélées assez résistantes depuis le début de l'épidémie de coronavirus. Les effets ne seront pas seulement immédiats. Ils peuvent aussi être indirects à moyen ou long terme. Mais quel est l’impact actuel de l’épidémie sur l'immobilier?

Le coronavirus a provoqué une quasi-paralysie de la Chine et d’autres pays asiatiques. Même si nous ne savons pas comment la situation va évoluer, nous constatons déjà des perturbations importantes sur la demande des entreprises et des consommateurs, mais aussi sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. Ce n’est qu’avec le temps que nous aurons une meilleure idée des conséquences indirectes. Au-delà de la gravité du virus, il convient surtout de s’intéresser à sa durée de vie, car c’est elle qui aura l’impact le plus marqué sur l’économie mondiale.

Quel est l’impact sur le secteur immobilier?

L’aversion au risque a augmenté sur les marchés actions depuis la mi-janvier, l’épidémie de Covid-19 ayant refroidi tout espoir d’une reprise de la croissance économique mondiale. Grâce à leur profil défensif, une majorité des actions du secteur immobilier surperforment sur l’ensemble des marchés actions ainsi que les bourses asiatiques depuis l’apparition du virus.

Au cœur de la tempête, les marchés actions asiatiques sont restés à la traîne de leurs homologues, en particulier celui de Hongkong, qui a subi de plein fouet le mouvement de correction. Ce sont les marchés et les secteurs liés à la distribution et au tourisme qui ont été les plus durement touchés. Les graphiques ci-dessous témoignent de l’importance de la Chine pour ses voisins asiatiques dans les domaines du commerce et du tourisme.

Les hôtels dont une grande partie de l’activité est liée aux voyageurs chinois et/ou aux voyages d’affaires ont subi une baisse marquée du taux d'occupation et des futures réservations. Dans les pays où le virus s'est propagé localement, les habitants sont restés chez eux et ont évité les endroits bondés, ce qui a entraîné une réduction de la fréquentation des centres commerciaux. Quant aux distributeurs de produits de luxe, ils ont connu une baisse significative de leurs ventes. Certains propriétaires ont été contraints de supporter en partie la perte de revenus de location et ont proposé des remises diverses sur les loyers.

Une demande accrue en espaces de travail flexibles et en connectivité

Au-delà de l'impact direct manifeste sur l'hôtellerie et le commerce de détail, le secteur de l'immobilier pourrait aussi subir des implications à moyen ou long terme. L'épidémie de coronavirus a conduit de nombreuses entreprises à mettre en œuvre des solutions diverses de travail à distance, ce qui témoigne de la viabilité des espaces de travail flexibles et pourrait changer la façon dont les entreprises anticipent leurs besoins en espace de bureau physique. L'augmentation des achats en ligne et des besoins en connectivité provoquée par la sédentarité des habitants et le travail à domicile soutient également la demande en infrastructures, tels que les espaces logistiques et les centres de données.

Afin d'exploiter les ruptures engendrées par le progrès technologique et les évolutions démographiques, il est conseillé de se positionner dans des secteurs qui bénéficient de tendances structurelles positives. Ils surpondèrent notamment les secteurs logistique et industriel, en faisant preuve d'une grande sélectivité envers les propriétaires d'immobilier commercial et de bureau. Il est aussi intéressant d'investir dans des segments de niche «non stratégiques» tels que les centres de données, les tours de télécommunications et les logements préfabriqués.

Il faudra du temps pour connaître précisément l’impact du coronavirus sur l’économie mondiale et le secteur immobilier. Les mesures que sont susceptibles de prendre les Etats et les banques centrales vont maintenir les incertitudes et la volatilité.

L'épidémie de Covid-19 a des conséquences indirectes sur l'immobilier en amplifiant les tendances provoquées par les progrès technologiques et les nouveaux modes de vie, qui modifient la demande et l'utilisation des biens immobiliers. Compte tenu des nombreuses incertitudes à l'horizon, intégrer des valeurs foncières dans un portefeuille diversifié pourrait se révéler bénéfique.