Six jours sur sept, les huit collaborateurs romands de Coople, plateforme numérique pour les emplois flexibles, travaillaient à Gotham Lausanne Gare. Gotham Lausanne Gare? L’un des nombreux espaces de coworking du réseau Gotham, présent dans toute la suisse. Mais ça, c’était avant. Avant le coronavirus et les mesures de recommandation en matière d’éloignement social, qui ont poussé Gotham à fermer dès lundi dernier et jusqu’à nouvel ordre.

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Une décision qu’approuve Simon Vogel, directeur romand de Coople. «Nous avions décidé jeudi de la semaine passée déjà de tous passer en home office, et c’est ce que toutes les entreprises romandes qui le peuvent devraient faire.» Les collaborateurs de Coople sont donc venus récupérer le matériel nécessaire dans leurs bureaux de Gotham et y ont annulé leurs rendez-vous. «Les commerciaux, qui ont l’habitude d’aller sur le terrain, ont été dans l’obligation de revoir leurs façons de travailler», précise Simon Vogel.

Les quatre espaces de Gotham (deux à Lausanne, un à Martigny, un à Verbier) représentent actuellement une capacité totale de 555 personnes, plus les visiteurs externes. «Il nous semblait essentiel d’appliquer les normes édictées par le Conseil fédéral même si nous n’y sommes pas astreints», répond Guilhem Sirven, directeur de Gotham, interrogé sur la fermeture des lieux. Il précise cependant que si Gotham est fermé au public, «les personnes ayant un badge d’accès peuvent s’y rendre. Nous avons signalé à nos Gothamers que pour des raisons évidentes de sécurité, et basé sur le principe de précaution, nous recommandions à tous de travailler depuis chez eux.»

«Nous refusons plus de dix personnes par lieu»

Même lorsque les espaces de coworking ne ferment pas leurs portes, la plupart des coworkers rentrent chez eux. C’est notamment le cas au Hub Neuchâtel: l’espace de travail reste ouvert en respectant les distances de sécurité et en petit nombre: en début de semaine, ils n’étaient que quatre à y travailler. Le café attenant a fermé.

C’est aussi le modèle qu’ont choisi les espaces de coworking Voisins à Genève, qui comptent quatre enseignes. «Nous refusons plus de dix personnes par lieu, et nous avons fermé nos cafés», détaille Julie, responsable clientèle. La Muse Bouge, à Genève, n’a pas officiellement fermé non plus, mais ne comptait que deux personnes présentes en début de semaine, dans des pièces différentes. Ses responsables craignent pour l’avenir du lieu. Les Voisins appréhendent aussi les conséquences futures. «Nous essayons d’obtenir de l’aide et du chômage partiel», précise Julie.

D’autres ont choisi de prolonger leur offre virtuellement, à l’image de La Serre, à Lausanne. «Nous avons décidé de fermer complètement, mais nous proposons des formations, des outils et des conseils pour le télétravail», raconte Julien Henzelin, fondateur et responsable de La Serre. Parmi la vingtaine de personnes qui y travaillent, on trouve nombre d’indépendants et une petite équipe de sept collaborateurs. «Mais cette équipe fonctionnait déjà en partie en télétravail, ils ont donc été réactifs face à notre décision de fermer.» Les coworkers savent en effet souvent faire preuve de flexibilité. «Le nomadisme est l’une des bases essentielles du coworking», rappelle aussi Guilhem Sirven de Gotham. Au niveau pratique, le télétravail leur posera sans doute moins de problèmes qu’à des employés plus traditionnels. Mais cette garantie n’existe pas pour l’aspect social.