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Credit Suisse améliore, un peu, ses fonds propres. L'action replonge

Outre un bénéfice de 170 millions de francs au deuxième trimestre, le numéro deux bancaire helvétique a aussi tiré parti d'un afflux d’argent frais de plus de 11 milliards. L’action a ouvert en hausse de 3%, avant de rechuter en milieu de séance

Un petit bénéfice en comparaison annuelle mais un bénéfice tout de même. En réalisant un gain net distribuable aux actionnaires de 170 millions de francs au deuxième trimestre, Credit Suisse a surpris jeudi favorablement les investisseurs. Les analystes sondés par l’agence AWP escomptaient en moyenne une perte nette de près de 170 millions de francs. Avec ce bénéfice, le numéro deux bancaire helvétique met fin à deux trimestres consécutifs dans les chiffres rouges.

Dans un premier temps, les marchés ont salué l’annonce des résultats au deuxième trimestre avec un gain de l'action de plus de 3% à l'ouverture. En fin de matinée, l'humeur des investisseurs a toutefois rapidement changé: vers 12h30, le titre de Credit Suisse perdait à nouveau 2,7% à 11,24 francs. 

L’unité suisse reste la plus rentable

Point positif relevé par les analystes, pratiquement toutes les unités du groupe ont été profitables au deuxième trimestre. A commencer par la division helvétique, la Swiss Universal Bank, dont les préparatifs pour l’IPO partielle d’ici à 2017 «suivent leur cours», comme l’a indiqué la banque dans un communiqué jeudi. A elle seule, l’unité suisse a dégagé un bénéfice avant impôts de 453 millions de francs, presque autant que l’an dernier à la même période (468 millions).

Stabilité aussi pour les activités de gestion de fortune internationale (IWM) qui ont réalisé un résultat avant impôts de 245 millions (272 millions un an plus tôt). Les activités dans la région de l’Asie-Pacifique (APAC) ont, elles, été davantage à la peine au deuxième trimestre avec un bénéfice avant impôt de 206 millions, inférieur de près de moitié à celui de l’an dernier à la même période (367 millions).

Banque d’affaires à nouveau profitable

La surprise positive est venue des activités de banque d’investissement de l’unité Global Markets, redevenue profitables entre avril et juin avec 154 millions de francs (perte avant impôts de 198 millions au premier trimestre). Et cela alors que les analystes escomptaient à nouveau une perte. Même tendance pour l'unité Investment Banking & Capital Markets qui a dégagé un bénéfice opérationnel de 135 millions, après une perte de 62 millions au premier trimestre. Le retour à meilleure situation de l'établissement dans la banque d'affaires n'a pas encore entièrement convaincu: «A l’instar d’autres grandes banques, Credit Suisse a tiré parti des volumes de négoces élevés à la fin du deuxième trimestre dans les jours qui ont suivi le Brexit. Un événement qui ne va toutefois pas se répéter», a relevé toutefois la banque IG dans une note.

Autre point positif relevé: l’afflux net de nouveaux capitaux dans la gestion de fortune à hauteur de 11,3 milliards de francs, provenant principalement de ses activités en Asie (5 milliards), de l’unité de gestion de fortune internationale (5,4 milliards) ainsi que de la division helvétique (0,9 milliard).

Pas d’amélioration du ratio d’endettement

En revanche, les progrès réalisés en matière de fonds propres n’ont convaincu qu’à moitié. Certes, le ratio de fonds propres dits durs (CET1) s’est amélioré à 11,8%, contre 11,4% fin mars, en ligne avec l’objectif de 11 à 12% visé par le groupe d’ici à fin 2016.

Lire aussi: La Suisse exigera des fonds propres plus élevés pour ses deux grandes banques

En revanche, le ratio d’endettement – autre critère très suivi en Suisse – est resté stable à 3,3%, comme lors du trimestre précédant.


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