Des détectives privés, un banquier transfuge et une altercation dans les rues de Zurich. C’est l’étrange scénario dont se sont faits l’écho plusieurs médias ce week-end. Vendredi, le blog Inside Paradeplatz a révélé qu’Iqbal Khan, vedette de la place financière zurichoise, sur le point de passer de Credit Suisse à UBS, avait déposé plainte pour contrainte et menaces. Une information confirmée vendredi par le procureur de Zurich sans plus de commentaires, rapporte l’agence Bloomberg.

L’histoire prend une tournure encore plus rocambolesque avec la publication des détails de l’affaire par la presse alémanique. Selon la SonntagsZeitung et le SonntagsBlick, Iqbal Khan, l’ancien directeur de l’activité internationale de gestion de fortune de Credit Suisse, s’est «senti suivi» mercredi dernier alors qu’il roulait dans Zurich. Il aurait filmé les trois hommes qui le filaient, qui auraient ensuite tenté de s’emparer de son téléphone. Et le SonntagsBlick de pointer du doigt la responsabilité du chef de la sécurité de Credit Suisse, qui serait à l’origine de cette surveillance.

Une enquête interne ouverte

Si l’événement intéresse autant, c’est que la démission de Credit Suisse d’Iqbal Khan en juillet dernier en avait surpris plus d’un. Le 1er octobre prochain, il doit en effet prendre la codirection de la gestion de fortune de la concurrente UBS. Ce délai de trois mois étonne puisqu’un préavis de six mois est habituellement la norme quand un dirigeant haut placé rejoint la concurrence, souligne Inside Paradeplatz.

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Ce lundi, Tidjane Thiam, le directeur de Credit Suisse, a réagi dans une note interne en pointant une couverture médiatique sensationnaliste sur les faits et les événements. Le groupe bancaire s’est également fendu d’un communiqué de presse plus tard dans l’après-midi pour confirmer qu’une enquête était ouverte.