Au quatrième trimestre 2009, Credit Suisse a dégagé un bénéfice net inférieur aux attentes de 0,8 milliard de francs. Sur l’ensemble de l’année, le bénéfice net s’élève à 6,7 milliards de francs, contre une perte nette de 8,2 milliards en 2008. Il s’agit du troisième meilleur bénéfice réalisé par le groupe dans son histoire, après celui de 2007 (7,76 milliards) et 2006 (11,3 milliards).

En moyenne, les analystes sondés par l’agence AWP escomptaient un bénéfice de 1,28 milliard de francs pour le quatrième trimestre et de 7,2 milliards pour l’ensemble de l’exercice 2009. Comparé à des groupes similaires, le résultat annuel de Credit Suisse est à la hauteur de celui de Deutsche Bank (5 milliards d’euros) et contraste avec la perte de 2,7 milliards communiquée mardi par sa rivale UBS.

Deux charges exceptionnelles

Les résultats au quatrième trimestre ont été pénalisés par deux facteurs exceptionnels. D’une part, une charge de 0,5 milliard de francs (avant impôts) pour la conclusion d’un accord à l’amiable en lien avec des pratiques impliquant des sanctions économiques aux Etats-Unis. S’y ajoute une charge de 0,3 milliard découlant d’un resserrement des écarts de crédit.

Par segments, le résultat avant impôts de l’unité de banque d’affaires atteint 6,8 milliards, un montant légèrement inférieur aux attentes. Ce chiffre contraste avec la perte de 13,8 milliards essuyée par cette unité un an plus tôt. La gestion de fortune, elle, fait mieux que prévu avec un bénéfice avant impôts de 3,7 milliards de francs.

Fort impact de l’amnistie fiscale italienne

Les activités de banque privée de Credit Suisse ont continué d’attirer un important afflux de capitaux. L’afflux net d’argent frais - « fort dans la plupart de nos affaires », comme le souligne Credit Suisse - a atteint 12 milliards de francs dans l’unité de gestion de fortune au quatrième trimestre. C’est toutefois sans tenir compte de sortie de fonds nettes de 5,6 milliard de francs résultant de l’amnistie fiscale italienne. Mardi, UBS a aussi évoqué des retraits de 8 milliards, attribuables à la même raison. Au final, la gestion de fortune a enregistré un afflux net total de 6,4 milliards chez Credit Suisse. Sans tenir compte de l’amnistie fiscale italienne, l’afflux net d’argent frais est supérieur aux 10 milliards attendus par le courtier Helvea. Au troisième trimestre, 13,1 milliards avaient rejoint les coffres de la banque.

Sur l’ensemble de l’année, 44,2 milliards de francs de nouveaux capitaux ont afflué chez Credit Suisse, comparé à 45 milliards escomptés par le consensus. En comparaison, Julius Baer a bénéficié d’un afflux net d’argent frais de 5,1 milliards, tandis qu’UBS a souffert de sorties de capitaux de 147 milliards.

Pas de rémunération variable en cash

En matière de salaires, Credit Suisse précise que les membres de son directoire n’ont pas reçu de rémunération variable en espèces pour 2009. L’intégralité de la rémunération variable qu’ils ont perçue s’effectuera sous forme de versements différés soumis à des critère de performance. La rémunération variable totale pour 2009 atteint en moyenne un montant confortable de 144‘000 francs, comparé à 180’000 francs en 2007.