Le Credit Suisse avait déjà réalisé un bénéfice net d’un peu plus de 2 milliards de francs au terme des trois premiers mois de l’année. Depuis début 2009, il cumule ainsi un résultat net de 3,58 milliards, contre une perte de 933 millions au premier semestre de l’an passé. De quoi satisfaire son patron Brady Dougan.

Jeudi à Zurich, l’Américain a tenu des propos empreints à la fois de sérénité et de confiance, sans pour autant céder au triomphalisme. «Notre très bonne performance est la preuve que notre stratégie centrée sur la clientèle et notre modèle commercial à risques réduits fonctionnent bien», s’est-il réjoui.

Cet état de santé contraste avec celui de l’UBS, qui elle attend une nouvelle perte au deuxième trimestre, sans compter un possible accord extrajudiciaire aux Etats-Unis qui lui coûterait encore des milliards. Du coup, on en oublie presque que le Credit Suisse a tout de même accusé une perte de 8,2 milliards de francs en 2008.

La Bourse suisse a d’ailleurs salué les chiffres du Credit Suisse. A midi, l’action prenait plus de 4% dans un marché en légère progression. Trois facteurs ont séduit: l’afflux d’argent frais, la confirmation du redressement de la banque d’investissement et le retour dans le noir de l’activité de gestion institutionnelle.

Certes, certains analystes tablaient sur un bénéfice net de l’ordre de celui du premier trimestre. Mais il n’en reste pas moins que, hors effets exceptionnels (entre autres la charge passée pour régler un contentieux avec le groupe chimique américain Huntsman), il serait ressorti à quelque 2,5 milliards de francs.

Dans le détail, le Credit Suisse a enregistré dans la banque privée un afflux net de capitaux nouveaux de 10,7 milliards de francs entre avril et juin, dont 8,5 milliards pour la seule activité gestion de fortune. Le bénéfice avant impôts de la division s’est établi à 935 millions (-23% sur un an).

A fin juin, le Credit Suisse gérait des actifs pour sa clientèle de 1175 milliards de francs. Un montant qui apparaît en augmentation de 4,8% par rapport à fin mars.

Dans la banque d’investissement, le Credit Suisse a vérifié sa vigueur, même si le deuxième trimestre a fait moins fort que le premier, avec un bénéfice avant impôts de 1,66 milliard de francs contre 2,41 milliards. Sur un an, le phénomène est plus spectaculaire avec un résultat multiplié par plus que cinq.

Quant à la gestion institutionnelle, elle affiche un bénéfice avant impôts de 55 millions de francs. La division avait bu la tasse ces derniers trimestres, en présentant encore une perte de 490 millions entre janvier et mars.

Les produits nets ont globalement progressé de 11% à 8,61 milliards de francs. Ce qui constitue le chiffre d’affaires d’une banque a toutefois reculé de 10% au regard du premier trimestre 2009.

Le Credit Suisse entrevoit la suite avec un optimisme réel. «Nous nous attendons à ce que la situation économique mondiale demeure difficile et à ce que des secousses se produisent encore», a averti Brady Dougan.

L’Américain part du principe que la banque pourrait bénéficier d’un dynamisme supplémentaire si les marchés devaient continuer à s’améliorer. Dans le cas contraire, «nous sommes tout de même convaincus que le Credit Suisse serait bien positionné pour réaliser une bonne performance.»