Credit Suisse va réduire ses effectifs de 3% au niveau mondial, soit environ 1500 postes, malgré un bénéfice net en hausse au troisième trimestre. Ces mesures viennent s’ajouter à la suppression de 2000 emplois, soit 4% des effectifs, déjà annoncée au mois de juillet.

Le nouveau programme de réduction des coûts sera réalisé d’ici fin 2013. Le numéro deux bancaire helvétique entend ainsi économiser 800 millions de francs. Les coupes seront réparties «sur l’ensemble des divisions et des régions», a déclaré mardi le directeur de la banque, Brady Dougan, lors d’une conférence de presse à Zurich.

«L’environnement est marqué par un faible niveau d’activité de la clientèle et une volatilité extrême sur les marchés financiers. Le ralentissement économique se fait sentir. Il faut ajouter à cela les nouvelles réglementations bancaires. Dans ce contexte, nous devons nous adapter pour rester rentables», a expliqué Brady Dougan.

Le repositionnement passe par la réduction, voire l’abandon de certaines activités dans la division de banque d’affaires (investment banking), unité qui a causé bien des déboires aux établissements bancaires ces dernières années.

Toujours dans la banque d’affaires, Credit Suisse va réduire de moitié sa masse d’actifs pondérés en fonction des risques afin de satisfaire aux règles des accords de Bâle III visant à renforcer le système financier.

Dans la banque privée (private banking), «principal moteur de croissance», l’établissement zurichois veut notamment investir dans le segment de la clientèle très aisée, disposant d’un patrimoine de plusieurs millions de francs.

Tous secteurs confondus, Credit Suisse entend allouer plus de ressources aux marchés émergents tels que le Brésil, l’Asie du Sud-Est, la Chine et la Russie. Ces derniers devraient contribuer à 15% des revenus du groupe en 2014, contre 15% en 2010.

L’annonce de la restructuration intervient alors que le bénéfice net de Credit Suisse progresse. Il est ressorti à 683 millions de francs au troisième trimestre 2011, en hausse de 12% par rapport à la même période de l’an passé.

La performance est toutefois inférieure aux attentes des analystes interrogés par l’agence financière AWP, qui tablaient sur un bénéfice net d’un peu plus d’un milliard de francs. Credit Suisse fait aussi moins bien que sa rivale UBS, qui a publié un bénéfice net trimestriel de 1,018 milliard de franc la semaine dernière.

Sur neuf mois, le bénéfice net se monte à 2,59 milliards de francs, en baisse de 39%. Quant aux divisions, elles ont toutes souffert au troisième trimestre. La banque d’affaires accuse la chute la plus marquée et termine sur une perte avant impôts de 190 millions de francs, contre un bénéfice avant impôts de 395 millions pour la même période de l’an passé.

Les résultats du troisième trimestre incluent par ailleurs des provisions de respectivement 183 et 295 millions de francs liées aux affaires fiscales en Allemagne et aux Etats-Unis.

Si le cas allemand a été réglé par un arrangement en septembre, l’évolution du dossier américain est par contre plus floue. «Nous travaillons à une résolution», s’est borné à indiquer Brady Dougan, sans dire à quelles fins était destinée la somme de 295 millions de francs.

Les investisseurs ont peu goûté la performance de Credit Suisse. En début d’après-midi, le titre perdait 9,0% à la bourse suisse, dans un marché SMI en baisse de 2,74%.