Credit Suisse change de modèle tarifaire dans la gestion de fortune

Patrimoine La banque introduit un prix pour le conseil, mais réduit celui d’autres services

Cette transparence accrue est due à la fin des rétrocommissions et aux nouvelles habitudes des clients

«C’est un changement de philosophie pour la gestion de fortune et pas seulement de tarification», indique au Temps Jean-Luc Rochat, responsable de la région Suisse romande à Credit Suisse.

Dans un environnement de hausse des coûts et de compression des marges, la grande banque a présenté un nouveau modèle «Credit Suisse Invest» qui se veut adapté aux besoins changeants des clients, aux nouvelles réglementations – telles que le devoir de documentation figurant au sein de la loi sur les services financiers – et à la fin des rétrocessions, ainsi qu’aux nouvelles technologies. «Après avoir défendu un modèle de tarification des services en fonction de la fortune, la nouvelle approche prend également en compte l’intensité du conseil souhaité par les clients», a poursuivi Jean-Luc Rochat.

Le nouveau système, introduit à partir d’avril 2015, se veut avant tout très transparent. C’est la fin d’un subventionnement croisé et opaque entre différents services et la mise en place d’un prix pour le conseil bancaire (appelé commission de placement). Celui-ci sera lié au volume de dépôt et à la solution d’investissement choisie par le client. A l’inverse, Credit Suisse réduit les frais de transaction, à un niveau proche de celui des banques en ligne, et les droits de garde.

Credit Suisse présente ces jours une classification de la clientèle en quatre catégories, en fonction de l’intensité du conseil et de l’étendue des services désirés. Il appartiendra au client lui-même de déterminer d’ici au premier juillet 2016 au plus tard laquelle lui convient le mieux.

La première catégorie, appelée «Compact», est destinée aux clients souhaitant peu solliciter la banque en matière de conseil en placements. L’offre comprend un entretien de conseil stratégique par an et deux relevés de portefeuille. L’entretien consiste en une discussion exhaustive et une analyse des besoins du client, de son profil de risque, de la structure et de l’évolution du portefeuille ainsi que des perspectives du marché. L’offre s’appuie sur une application iPad pour assurer un suivi structuré du portefeuille et des propositions de placement individuelles.

La deuxième catégorie, destinée aux clients soucieux de suivre leurs investissements boursiers de manière plus régulière, s’appelle «Partner». Le service comprend une planification financière à tarif réduit, quatre rapports sur la qualité du portefeuille, un système d’alerte (par mobile) sur des événements financiers susceptibles d’influencer le portefeuille, quatre relevés de placement par an, et le relevé fiscal de fin d’année.

Les clients encore plus actifs en bourse et désireux de bénéficier d’un suivi encore plus intensif s’orienteront vers la solution «Expert» et ceux délégant la gestion de leur fortune la banque choisiront l’offre «Mandate».

Si les tarifs baissent, la grande banque table en revanche sur une augmentation de sa part de marché et une plus grande activité des épargnants sur les marchés financiers, notamment un plus fort intérêt pour les fonds de placement. «Ces derniers seront offerts sans rétrocessions», précise Jean-Luc Rochat.

A titre d’exemple, pour une opération de bourse de 20 000 francs en actions suisses, les frais tomberont de 210 à 90 francs (–58%), et de 713 à 240 francs (–66%) pour 75 000 francs.

Pour les trois premières catégories, les droits de garde coûteront 0,25% de la fortune (en dessous d’un million) et 0,20% entre 1 et 3 millions de francs. Les commissions de placement en dessous d’un million de francs s’élèveront à 0,25% (Compact), 0,50% (Part­ner) et 0,80% (Expert).

Le modèle de Credit Suisse évoque «UBS Advice», introduit en 2013 au sein de l’autre grande banque. Mais ce dernier n’intègre pas les plus petites fortunes. L’offre de Credit Suisse contraste aussi avec la décision de la Banque Migros de répondre aux pressions sur les marges en augmentant les tarifs. Selon un analyste, l’offre de Credit Suisse semble plus systématique que celle d’UBS. Les changements signalent surtout une nouvelle tendance et la nécessité pour les banques de réagir aux réglementations, dans un environnement sans rétrocessions.

Après une tarification selon la fortune, la nouvelle approche prend en compte l’intensité du conseil