Les yeux sont bien sûr rivés cette semaine sur Credit Suisse, qui doit annoncer une réorganisation, voire restructuration, le 21 octobre. Depuis Londres, son nouveau directeur Tidjane Thiam doit a priori présenter non seulement un redimensionnement de la banque d’affaires, mais aussi une possible augmentation de capital. Avec, peut-être, des licenciements à la clé.

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Au même moment, Deutsche Bank passe par un processus comparable. Ce dimanche, la banque a annoncé une refonte d’une partie de sa direction. Et le 29 octobre prochain, Deutsche Bank présentera ses résultats définitifs pour le troisième trimestre, sans doute assortis d’une restructuration.

Dans le détail, la banque allemande a affirmé dimanche vouloir simplifier ses structures. Le comité exécutif du groupe va disparaître, alors que les quatre divisions principales de l’établissement vont être directement représentées au directoire. Voilà pour la tête de la banque. Deutsche Bank a annoncé, en parallèle, la scission en deux de son activité de banque d’investissement, dès le 1er janvier 2016. Ce département, poids lourds de la société, est le plus gros avec quelque 13,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 3 milliards de bénéfice. Dès l’année prochaine, le négoce sur les marchés des capitaux et le financement des entreprises, jusque-là réunis au sein de la banque d’investissement, seront séparés dès l’année prochaine.

L’échéance du 29 octobre

Du côté de l’emploi, la date du 29 octobre est attendue avec impatience par les employés de la banque. C’est à cette date-là que le nouveau patron du groupe, le Britannique John Cryan, pourrait annoncer des suppressions d’emploi. Le nombre d’emplois perdus pourrait être de 23 000, avançait l’agence Reuters mi-septembre, ce qui ramènerait les effectifs du groupe à quelque 75 000 équivalents plein-temps.

Une perte attendue de 6,2 milliards d’euros

Ces mesures, décidées et à venir, sont la conséquence de la perte attendue de 6,2 milliards d’euros (6,8 milliards de francs) au troisième trimestre, liée à des dépréciations dans sa banque d’affaires et de détail. Deutsche Bank a en parallèle été l’une des accusées dans le cadre du scandale de la manipulation des taux interbancaires, les taux Libor et Euribor. En avril, la banque avait dû payer auprès des régulateurs américains une amende record de 2,3 milliards d’euros. Et ce n’est pas fini, puisque début octobre, la banque provisionnait, 1,2 milliard pour d’autres risques judiciaires. Cette année, la banque pourrait ne pas verser de dividende, alors qu’elle l’avait fait même au coeur de la crise financière de 2008-2009.

Lundi, Bloomberg listait d’autres banques en pleine restructuration: Barclays, BNP Paribas et Standard Chartered. «Ces banques regardent leurs modèles d’affaires qui étaient en fait trop optimistes quant aux chiffres d’affaires, car ils ne reviendront pas. De plus, comme les exigences en capital diminuent la rentabilité des capitaux propres, qui est une mesure clé de la profitabilité, le seul levier de ces banques est de changer la taille de la banque et de supprimer des coûts», estimait un analyste de Causeway Capital Management, cité par Bloomberg.