Credit Suisse doit verser plus de 456,4 millions de francs – intérêts compris – de dédommagements à STMicroelectronics pour un contentieux sur des produits financiers. La Cour fédérale du district de New York a confirmé vendredi dernier l’arbitrage rendu en février 2009.

Sur la base de cette décision, STMicro devrait recevoir environ 354 millions de dollars, montant qui inclut environ 23 millions de dollars d’intérêts à ce jour, en plus des 75 millions déjà reçus en décembre dernier lors de la vente d’une partie des titres à l’origine du litige. La banque a exprimé mercredi son «désaccord respectueux» avec la décision de la Cour, indiquant qu’elle réservait son droit de recours.

Accord avec Roche

Le fabricant de processeurs basé à Genève avait engagé une action contre Credit Suisse pour obtenir le remboursement du montant qu’il jugeait «indûment investi» en obligations risquées, contrairement à ses instructions.

Au lieu d’investir ses liquidités dans des prêts pour étudiants comme il était convenu, STMicro reproche à Credit Suisse d’avoir misé à son insu sur des obligations adossées à des crédits hypothécaires (CDO) et des crédits municipaux (ARS), des titres dont la banque cherchait alors à se débarrasser. Ces actifs ont perdu toute valeur en février 2008 dès les premiers soubresauts de la crise financière.

D’autres entreprises se sont dites victimes des mêmes procédés, STMicro étant la seule à obtenir un jugement en sa faveur. Le groupe vaudois Logitech aurait été touché à hauteur de 56 millions de dollars, sans toutefois porter l’affaire devant les tribunaux.

En octobre 2009, le groupe pharmaceutique Roche avait porté plainte contre Credit Suisse évoquant un montant de 545 millions de dollars investis à son insu dans des ARS sur la même période.

Roche et Credit Suisse ont mis un terme amiable à cette procédure le 15 janvier dernier. Les frais de justice ont été portés à charge de la banque.