Credit Suisse a écopé d'une amende de 90 millions de dollars aux Etats-Unis pour avoir embelli la performance de son activité de gestion de grosses fortunes afin d'attirer de nouveaux clients et atteindre des objectifs commerciaux, a annoncé mercredi le gendarme de la Bourse.

Des salariés de la banque ont notamment dressé un tableau idyllique du volume de nouveaux actifs à gérer confiés à la banque à partir du quatrième trimestre 2011 et ce jusqu'en 2012, dénonce la SEC, dans un communiqué.

Concrètement, ces salariés comptabilisaient les dépôts d'argent des plus riches clients de la banque comme étant de nouveaux actifs, ce qui leur permettait d'atteindre leurs objectifs commerciaux et à la banque d'engranger des commissions. Ce tour de passe-passe avait aussi le mérite de donner aux investisseurs une fausse image de la performance de cette division.

Performances biaisées

«Credit Suisse annonçait aux investisseurs suivre une procédure spécifique pour déterminer de nouveaux actifs, alors qu'en fait la procédure avait été redessinée pour des objectifs» commerciaux définis, critique Andrew Ceresney, un des responsables de la SEC.

En omettant de révéler que ses performances étaient biaisées, Credit suisse «a privé les investisseurs de la possibilité de bien évaluer son succès et la capacité de la firme à attirer de nouveaux clients», a enfoncé Andrew Ceresney.

Un dirigeant de l'établissement, Rolf Bögli, numéro deux de la division de gestion de fortune, a endossé la responsabilité de ces agissements, selon la SEC. Il a écopé d'une pénalité de 80 000 dollars. L'amende met fin aux poursuites du régulateur.