«Allez-y doucement, la princesse n’a pas l’habitude de passer des entretiens d’embauche à répétition.» L’injonction figure dans un e-mail envoyé par un vice-président de Credit Suisse en mars 2010 à un subordonné. Il enjoint à ce dernier de lui faire une offre au plus vite, quitte à réécrire son CV en se montrant «créatif». La princesse en question est la fille de l’une des dirigeantes d’une entreprise électrique chinoise, avec laquelle la banque suisse souhaitait faire des affaires.

Elle a commencé à travailler pour l’antenne hongkongaise de Credit Suisse quatre mois plus tard. Très vite, elle s’est mis tous ses collègues à dos, refusant de participer à des séances de groupe obligatoires, quittant le bureau tous les jours à 16h alors que ses pairs y restaient jusqu’à 21h et allant jusqu’à emmener sa mère avec elle durant ses voyages d’affaires. En juin 2011, à court d’idées pour remplir son évaluation annuelle, son supérieur s’est contenté de lui demander «de venir plus souvent au bureau, de répondre au téléphone et de se montrer moins malpolie».