Le groupe bancaire Credit Suisse a été contacté par les autorités suisses et américaines dans le cadre du scandale de corruption qui secoue actuellement la FIFA, lit-on dans le rapport financier publié vendredi. Credit Suisse a été interrogé sur ses relations avec des dirigeants de la Fédération internationale de football. La grande banque coopère avec les autorités, assure-t-elle.

Les demandes ont visé différents dignitaires de la FIFA, dont certaines personnes et «entités» citées dans l'acte d'accusation déposé aux Etats-Unis le 20 mai dernier, détaille le groupe zurichois. Les enquêtes visent à déterminer si plusieurs institutions financières, dont Credit Suisse, ont permis certaines transactions suspectes ou ont omis d'observer les règles anti-blanchiment d'argent en vigueur. Ces recherches sont liées aux comptes que ces personnes et «entités» auraient détenu auprès de la grande banque.

L'affaire a éclaté en mai 2015, au moment de l'arrestation de 14 personnes, dont des hauts dignitaires de la FIFA, dans un palace zurichois. Ces personnes, soupçonnées de corruption, devaient participer au 65e Congrès de la fédération internationale à Zurich. Les conditions d'attribution de différentes coupes du monde de football se trouvent au centre des investigations, qui ont éclaboussé notamment le président démissionnaire Sepp Blatter.

Provisions insuffisantes?

Credit Suisse a constitué au troisième trimestre des provisions pour litiges à hauteur de 280 mio CHF, selon le rapport. La grande banque estime que les différentes procédures juridiques dans lesquelles elle est empêtrée ne devraient avoir aucune influence sur le résultat et sur la solidité financière du groupe.

Les coûts pourraient néanmoins dépasser les provisions constituées, en raison de incertitudes inhérentes à ces litiges, souligne CS. Le rapport financier estime les pertes éventuelles non couvertes par les provisions dans une fourchette comprise entre 0 et 1,9 mrd CHF.

Credit Suisse évoque dans son rapport différents cas récents. Le 4 septembre, la justice texane a notamment condamné la grande banque à une pénalité financière de 287 mio USD. Le conflit mettait aux prises CS et une société liée à Capital Management LP au sujet d'un projet immobilier proche de Las Vegas. L'établissement zurichois affirme son intention de faire appel de ce verdict.

L'affaire de manipulation des taux du Libor a connu quelques rebondissements judiciaires non déterminants en juillet et en août et n'est ainsi pas encore soldée.

Signé le 30 septembre, un accord relatif à la procédure engagée contre Credit Suisse et d'autres banques pour violation de la législation antitrust doit encore recevoir le feu vert d'une cour newyorkaise. Une action collective en justice dénonçait les pratiques des établissements concernés sur le marché des dérivés de crédit (CDS).