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L'idée que Credit Suisse soit démembrée ne va certainement pas être poursuivies. 
© Reuters

Editorial

Credit Suisse: l’effet d’annonce qui rapporte des millions

L’investisseur Rudolf Bohli croit-il vraiment à son idée de démembrer la deuxième banque suisse? Ou n’est-il pas plutôt simplement intéressé à voir l’action du groupe monter?

Scinder Credit Suisse? L'investisseur zurichois Rudolf Bohli s'est assuré un coup de pub à peu de frais en proposant de démembrer le mammouth Credit Suisse et ses 47000 employés en trois nouvelles entités - gestion de fortune, banque d'investissement et gestion d'actifs. De quoi doubler la valeur actuelle de la deuxième banque suisse, a estimé le financier. 

C'est optimiste, en restant indulgent. Le rêve de récréer un «First Boston 2.0», du nom de l'ancienne banque d'affaires de Credit Suisse, cadre mal avec le fait que ce modèle d'établissement autonome a vécu. Quand Goldman Sachs, référence de la référence dans le domaine, tente de se diversifier pour maintenir sa rentabilité, on se dit que les nostalgiques de la banque d'investissement n'ont pas compris que le monde a changé.  

Une question qui date

L'inverse est aussi vrai: la gestion de fortune bénéficie d'une banque d'affaires pour offrir des produits sophistiqués à ses clients. Credit Suisse n'est pas la première à se voir suggérer une scission. UBS est passée par là, tout comme beaucoup de leurs concurrentes européennes. La question ne date même pas de la crise financière, elle existait déjà bien avant. 

Mais, ici, l'enjeu est-il vraiment de discuter du bien fondé d'une banque dite intégrée? Avec 0,2% du capital de Credit Suisse, Rudolf Bohli et son fonds d'investissement n'ont aucune chance d'imposer une scission à Tidjane Thiam, l'actuel directeur général de la banque, qui va légitimement maintenir son programme de redressement. Ce d'autant que les actionnaires et les analystes n'ont pas hésité une seconde avant de décrédibiliser le plan de l'«activiste». 

Lire également: Scinder Credit Suisse? Personne n’y croit vraiment

Alors, où est l'intérêt? Mardi, l'annonce a donné un petit coup de fouet à un titre qui a été tout sauf un cadeau pour ses actionnaires ces 25 dernières années. Gageons que cette hausse, pour un titre exagérément malmené, pourrait se poursuivre à mesure que les détails deviennent publics, que des réactions émergent, que la situation générale de Credit Suisse s'améliore, comme c'est le cas depuis plusieurs semaines.

Rudolf Bohli, qui vient d'acheter son paquet d'actions - environ 100 millions de francs, selon Bloomberg -, pourra remballer honorablement ses plans dans quelques mois, comme d'autres avant lui, vendre le titre et encaisser la plus-value. On pourra alors dire qu'il a fignolé son plan de communication bien mieux que sa stratégie pour la banque, qui avait judicieusement fuité dans quelques médias. 

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