L'engouement pour le crédit à la consommation se poursuit. Après les récentes initiatives de UBS, Coop, Jelmoli, Globus, Manor et Migros, Credit Suisse passe à l'action. Lors d'une conférence de presse lundi à Zurich, le numéro deux bancaire helvétique a annoncé vouloir regrouper ses activités de financement de la consommation (crédit et leasing automobile). Ainsi, une nouvelle banque, baptisée Bank-now et filiale à 100% de Credit Suisse, sera créée avec des fonds propres de 240 millions de francs. «Nous avons choisi un autre nom, car nous visons une autre clientèle que celle de Credit Suisse», précise Hanspeter Kurzmeyer, futur président de Bank-now.

Avec 240 collaborateurs, la nouvelle entité intègre les divisions actuelles «Consumer Finance» (220 employés) et City Bank (17), qui est présente uniquement à Zurich et à Aarau. «Il n'y aura aucun licenciement», souligne Erich Wild, futur patron de la banque qui lancera ses activités le 3 janvier prochain.

Quatre fois endettés

Credit Suisse, numéro deux en Suisse derrière UBS avec 27% de parts de marché dans le segment des crédits privés à la consommation, veut profiter du manque de développement de la Suisse dans cette activité. «Par rapport à d'autres pays, comme la Grande- Bretagne et les Etats scandinaves, le marché suisse du financement à la consommation est peu développé. Nous voulons croître au même rythme que le marché, soit entre 3% et 5% par an. Nous compterons sur 21 succursales du groupe dans toute la Suisse pour gérer 2,4 milliards de crédit», souligne Hanspeter Kurzmeyer.

En d'autres termes, l'endettement moyen d'un Suisse s'élève à 920 francs, contre 3640 francs pour la moyenne des pays de l'Union européenne et très loin derrière le record du Vieux Continent détenu par la Grande-Bretagne (7340 francs), d'après les chiffres de Datamonitor. De ce fait, Credit Suisse estime que le marché des crédits à la consommation - entre 15 et 20 milliards de francs en Suisse - a encore un fort potentiel de croissance.

Malgré ses ambitions, Bank-now compte mettre en place des garde-fous, contre le surendettement des jeunes notamment. «Nous étudierons attentivement les demandes de crédit des 20-25 ans qui ne font pas partie du public que nous ciblons en priorité. Nous aurons des critères très clairs pour octroyer des crédits, avec un double souci. Il faut éviter le surendettement du client qui peut à son tour engendrer des pertes pour la banque», conclut Erich Wild.