L’action de Credit Suisse a chuté de plus de 7% jeudi. Pourtant, les analystes n’ont, dans l’ensemble, pas attribué une mauvaise note aux chiffres publiés par la banque pour le troisième trimestre. Le bénéfice net de 41 millions, certes en baisse par rapport aux 779 millions dégagés un an plus tôt, a été conforme aux attentes. La Banque cantonale de Zurich a même évoqué hier un «résultat d’ensemble positif».

Comment expliquer alors la brusque réaction des marchés? Tidjane Thiam, le directeur, l’a mise sur le compte de prises de bénéfices. Aux yeux des analystes, deux aspects ont pesé sur le titre. D’une part, le résultat de l’unité suisse («Swiss Universal Bank»), qui a dégagé un résultat avant impôts de 758 millions de francs entre juillet et septembre (400 millions un an plus tôt), a été gonflé par la vente d’actifs immobiliers à hauteur 346 millions.

9 milliards d’argent frais

D’autre part, l’afflux de nouveaux capitaux de 9,2 milliards dans les activités de gestion de fortune, soit presque autant que les 9,4 milliards engrangés par UBS durant la même période, ne se traduit pas par une hausse de la rentabilité. L’unité de gestion de fortune internationale (IWM) a réalisé un bénéfice avant impôts de 245 millions de francs, inchangé par rapport au deuxième trimestre. Les activités en Asie Pacifique ont, elles, dégagé un résultat avant impôts de 152 millions de francs, moins qu’entre avril et juin (206 millions).

De plus, ces unités progressent à des rythmes différents en direction des objectifs fixés d’ici à 2018. Après neuf mois, l’unité suisse a accru d’un quart son bénéfice avant impôts à 1,64 milliard. Extrapolé sur douze mois, ce chiffre n’est plus très éloigné des 2,3 milliards attendus d’ici à 2018. En revanche, les unités IWM (790 millions après neuf mois, et Asie Pacifique (622 millions de janvier à septembre), sont encore loin des 2,1 milliards de bénéfice avant impôts qu’elles visent respectivement. Enfin, les deux divisions actives dans la banque d’affaires ont tout juste été profitables.

Pour la suite, Tidjane Thiam est resté prudent évoquant des «perspectives demeurant difficiles». Reste aussi les incertitudes liées aux éventuels litiges, notamment ceux liés à l’immobilier américain. Dans ce but, la banque a rehaussé ses provisions à hauteur de 357 millions.