Le Temps: Au premier semestre 2012, l’afflux d’argent frais a atteint 11,3 milliards de francs dans la banque privée, presque un tiers de moins qu’à la même période un an plus tôt (27,9 milliards). Cette tendance pourra-t-elle être inversée?

Brady Dougan: Sur une base constante, les afflux nets de nouveaux fonds sont demeurés réguliers. Au premier semestre, les seules activités de gestion de fortune ont attiré près de 9 milliards de francs de nouveaux fonds, un niveau proche d’un taux de croissance de près 5%, comparé aux 6% que nous visons. Certes, ce montant a été réduit par les 3,4 milliards de sorties d’argent liées à l’intégration de Clariden Leu. Mais, les effets négatifs liés à cette fusion se réduisent de plus en plus, se limitant à 200 millions en juin. Et si vous prenez en compte l’impact négatif des discussions en rapport avec les accords fiscaux (ndlr: Rubik) avec l’Allemagne, c’est une performance plutôt solide.

– Les sorties de fonds de la clientèle en Europe pourront-elles être compensées par l’afflux d’argent des clients «ultra-riches» et ceux en provenance d’Asie?

– C’est déjà le cas, car sinon nous ne pourrions pas afficher des afflux d’argent positifs. En Europe, un accord fiscal avec l’Allemagne entraînerait dans un premier temps des sorties de fonds supplémentaires. Mais l’expérience effectuée avec l’amnistie fiscale italienne démontre aussi qu’il est possible de retenir une part importante des fonds, située aux environs de 70%.

– Après six mois, le résultat avant impôts généré par la banque d’affaires a été similaire à celui de la banque privée, près de 1,4 milliard. Pourtant, de janvier à mars, les rémunérations et indemnités des collaborateurs de la banque d’affaires ont atteint plus de 99 000 francs par employé en moyenne, pour un seul trimestre. C’est presque le double des rémunérations des collaborateurs de la banque privée. Cette différence pourra-t-elle persister?

– Effectuer de tels calculs est peu pertinent. Nous devons payer des salaires compétitifs dans les différents domaines d’activité dans lesquels nous opérons.

– Si les résultats ne s’améliorent pas dans la banque d’affaires, cet écart restera-t-il justifié?

– Nous nous efforçons d’adapter les rémunérations aux résultats, non seulement en termes de montant absolu mais dans leur structure. Credit Suisse ne peut toutefois pas fixer seul le niveau des salaires pour les collaborateurs des banques. Nous payons les employés raisonnablement mais de manière concurrentielle.