Rarement une banque n’a été autant dans la tempête et, pourtant, l’assemblée générale de Credit Suisse aurait difficilement pu être plus plate. Privée de son seul élément de suspense et de son folklore habituel de petits actionnaires présentant leurs doléances, elle s’est tenue vendredi matin en mode express – à peine plus d’une heure – et en ligne en raison de la pandémie.

Le point le plus contesté – la réélection d’Andreas Gottschling au conseil d’administration – avait été réglé quelques heures plus tôt. L’Allemand, qui présidait le comité des risques depuis 2018 et qui est jugé à ce titre coresponsable des débâcles liées à Greensill et à Archegos, avait retiré sa candidature. Le camouflet le guettait: plusieurs gros actionnaires avaient annoncé les jours précédents qu’ils prévoyaient de s’opposer à sa réélection. Credit Suisse et son administrateur ont dû faire leurs calculs et estimer qu’il ne passerait pas la rampe. Aucun remplaçant n’a été proposé. C’est Richard Meddings, élu l’an dernier, qui présidera ad interim le comité des risques.