La perte nette de 1,26 milliard de francs enregistrée par Credit Suisse au troisième trimestre a été conforme aux premières estimations communiquées la semaine dernière. Dès lors, l'attention des marchés a porté jeudi avant tout sur l'évolution de ses activités de gestion de fortune, principal pilier du groupe. Les 14,5 milliards de francs d'argent frais récoltés par l'unité Private Banking, qui regroupe à la fois la gestion de fortune ainsi que les activités de banque de détail et de clientèle d'entreprise, attestent de la bonne santé du groupe dans ce domaine.

Malgré tout, une forme de déception pointait jeudi chez certains analystes. Cet afflux de fonds est «quelque peu décevant au vu des 50 milliards de francs de sorties de fonds subies par UBS durant cette période», relève Dirk Becker, analyste chez Kepler Capital Markets.

Dans le seul segment de gestion de fortune («Wealth Management»), l'afflux net d'argent frais de 11,3 milliards au troisième trimestre est resté en retrait des 15,4 milliards enregistrés entre avril et juin. Les entrées de fonds en provenance des régions de l'Europe, du Moyen-Orient et de l'Afrique (4,4 milliards) et Amériques (4,3 milliards) ont été les plus importantes, alors qu'elles se limitent à 0,3 milliard en Suisse dans ce segment, observe la Banque cantonale de Zurich (BCZ).

«L'afflux de nouveaux fonds dans la gestion de fortune a en réalité été faible en Suisse et dans la région Asie Pacifique», estime le courtier Helvea. Dans ses activités de clientèle d'entreprise et de banque de détail (Corporate & Retail Banking), Credit Suisse continue en revanche de bénéficier de toute la confiance des Suisses: ceux-ci y ont déposé quelque 3,2 milliards de francs d'argent frais au troisième trimestre. Pas d'amélioration du côté de la gestion d'actifs qui subit d'importants retraits de capitaux de 16,5 milliards de francs au troisième trimestre.

110 conseillers engagés

Dans tous les cas, Credit Suisse semble bien décidé à passer à la vitesse supérieure dans la gestion de fortune. La banque a ainsi engagé 110 conseillers en placement au troisième trimestre. «Plus de 40% de l'afflux net d'argent frais provient des conseillers engagés au cours des trois dernières années», souligne Renato Fassbind, son responsable financier.

Du côté de la banque d'investissement, la perte avant impôts de 3,22 milliards, due à de nouveaux amortissements de 2,4 milliards, correspond aussi aux chiffres préliminaires. En revanche, les prévisions très prudentes de Brady Dougan pour le quatrième trimestre n'ont pas rassuré les investisseurs. Le titre de Credit Suisse a ainsi cédé 4,2% à 44,60 francs jeudi.