La banque d'affaires de Credit Suisse Group a annoncé mercredi qu'elle ne vendrait pas DLJ Merchant Banking Partners. Cette unité de private equity prend des participations dans des sociétés non cotées.

Credit Suisse First Boston (CSFB) est donc revenu sur sa décision de décembre. Son patron, Brady Dougan, avait indiqué que l'unité serait scindée du groupe pour devenir une entité indépendante. L'objectif avoué était d'éviter que CSFB n'entre en concurrence directe avec ses gros clients actifs dans le private equity, comme Texas Pacific Group. En octobre, CSFB avait en effet froissé cette dernière en décrochant avec JP Morgan Chase une transaction d'achat qu'elle convoitait également. Texas Pacific ainsi que Kohlberg Kravis Roberts et Blackstone Group avaient alors menacé de ne plus apporter d'affaires de financement d'obligations à haut rendement au CSFB. Face au même conflit d'intérêts, JP Morgan a opté ce mois pour un spin-off de son activité de private equity.

CSFB a une autre stratégie: conserver l'activité, tout en évitant les transactions entrant en concurrence directe avec de gros clients actifs sur le même marché. Steven Rattner, le nouveau responsable de l'unité nommé mercredi, a pour mandat de privilégier les cibles de taille moyenne et les participations minoritaires dans les grandes sociétés, en co-investissant avec les firmes clientes plutôt qu'en rivalisant avec elles sur la même transaction. Morgan Stanley a opté pour une stratégie similaire.

Or, les grandes transactions de rachat sont les plus attrayantes pour les caisses de pension qui investissent dans les fonds de private equity de CSFB, relève le Wall Street Journal. Le conflit d'intérêts n'est donc pas résolu. En outre, Thompson Dean, l'ex-responsable de l'unité qui emploie 30 personnes, quittera le groupe pour lancer son propre fonds, Avista Capital Partners. Selon le Wall Street Journal, il emmènera avec lui près d'un tiers de l'équipe. Ce qui n'est pas non plus pour rassurer les investisseurs.