Credit Suisse aura probablement réussi à enlever le seul vrai élément de suspense quelques heures avant le début de son assemblée générale. Vendredi matin, la banque informait de la décision d’Andreas Gottschling de ne plus se proposer au conseil d’administration pour y être réélu.

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La banque a donc attendu la dernière minute pour s’éviter, à elle et à son administrateur, un camouflet. C’est d’ailleurs le deuxième point de l’ordre du jour à être retiré pour les mêmes raisons, le premier concernait la décharge aux actionnaires, mise de côté en attendant les résultats des enquêtes sur les fiascos de Greensill et Archegos, deux sociétés en faillite avec qui Credit Suisse était lié et qui lui ont causé des dommages financiers et de réputation.

Plusieurs actionnaires

Andreas Gottschling était dans le viseur de plusieurs grands actionnaires et de sociétés de conseil. Depuis lundi, il semblait clair qu’un bloc commençait à se former contre l’Allemand qui présidait depuis 2018 le comité des risques, et donc, à ce titre, jugé comme responsable aussi des débandades du début d’année.

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Glass Lewis, le conseiller américain aux investisseurs, la Fondation Ethos, tout comme le fonds souverain norvégien et Harris Associates avaient révélé leur opposition à sa réélection. Le responsable des investissements de ce dernier, qui compte quelque 10% du capital de Credit Suisse, avait même jugé qu’Andreas Gottschling aurait déjà dû se retirer de lui-même.

Il reste quelques points à l’ordre du jour qui susciteront une opposition probablement minoritaire. Le fonds norvégien a par exemple déjà dit qu’il s’opposerait à la réélection de quatre autres membres du conseil d’administration, dont son vice-président Severin Schwab. Interrogé par Bilanz cette semaine, l’intéressé a dit vouloir rester pour aider à résoudre les problèmes.