Credit Suisse a surpris les analystes avec un bénéfice net de 1,025 milliard de francs dégagé au troisième trimestre 2014. Porté par les marchés émergents et sa banque d’affaires, le numéro deux bancaire helvétique a plus que doublé son résultat net sur un an et retrouvé les chiffres noirs par rapport au trimestre précédent.

Le bénéfice avant impôts ressort à 1,3 milliard de francs, contre 688 millions à la même période en 2013, selon le rapport trimestriel publié jeudi. En juillet dernier, Credit Suisse avait essuyé une perte nette de 700 millions, résultat de l’amende salée de 2,6 milliards de dollars écopée aux Etats-Unis fin mai pour incitation à l’évasion fiscale.

«Au cours du trimestre, la dynamique de nos affaires avec nos clients dans les deux divisions est restée forte», estime le directeur général du groupe, Brady Dougan. Il se félicite d’un rendement de fonds propres de 11% pour le trimestre, et de 13% sur neuf mois.

Dans ses activités stratégiques, l’établissement affiche un bénéfice net distribuable aux actionnaires de 1,1 milliard de francs pour la période sous revue. Sur neuf mois, le groupe affiche un résultat net attribuable aux actionnaires de 1,18 milliard, contre 2,8 milliards à la même période de l’an dernier.

Les spécialistes consultés par l’agence d’informations financières awp tablaient sur un bénéfice net de 888 millions de francs. A la Bourse suisse, le titre Credit Suisse avait grappillé 0,24% vers 11h30 à 25,12 francs après avoir ouvert en légère baisse, sur fond de SMI quasi à l’équilibre.

Recul de l’argent frais

Dans son activité stratégique de banque privée et gestion de fortune (Private Banking and Wealth Management), la banque a engrangé un afflux net de nouveaux capitaux de 8,8 milliards de francs au 3e trimestre. L’apport net total s’élève à 7,4 milliards, soit plus des 5,5 milliards attendus par les observateurs.

La seule région Asie/Pacifique a contribué à hauteur de 6,2 milliards de francs, en partie neutralisés par un reflux total de 1,5 milliard dans ses activités transfrontières en Europe de l’Ouest, en lien avec les processus de régularisation fiscale. Les sorties dans les activités stratégiques se chiffrent à 700 millions.

La division affiche au trimestre sous revue des revenus de 3,1 milliards de francs, en baisse de 6% sur un an. Le bénéfice avant impôts ressort à 943 millions, contre plus de 1 milliard une année plus tôt. A fin septembre, les actifs sous gestion totalisent 1,36 milliard (+7,7% en comparaison annuelle).

Banque d’affaires robuste

La banque d’affaires (Investment Banking) affiche une activité clientèle robuste. Le bénéfice avant impôts s’inscrit à 516 millions de francs, soit plus que doublé (+125%) en un an. Les produits totalisent 3,3 milliards, un bond de 29% sur douze mois.

La direction se félicite de la forte performance dans le négoce des titres à revenu fixe. Notamment sur les marchés émergents ainsi que dans les affaires d’émission d’actions.

Pour rappel, Credit Suisse vient de désigner un triumvirat pour diriger Investment Banking. Les Américains Jim Amine et Tim O’Hara ont rejoint le Français Gaël de Boissard à la tête de l’unité, et du même coup le directoire du groupe. En outre, l’unité a abandonné le négoce de matières premières.

Objectifs en bonne voie

La grande banque relève encore ses efforts de réduction des coûts. Avec 3,6 milliards d’économies annualisées réalisées depuis la mi 2011, elle se considère en bonne voie pour atteindre son objectif de plus de 4,5 milliards d’ici à la fin de 2015.

Sur le front de l’emploi, ses effectifs fin septembre totalisent 26’000 postes équivalents plein temps, soit stables sur un an et en progrès (+200 unités) sur le trimestre précédent. Le nombre de conseillers financiers s’est lui réduit de 2% en trois mois à 4270.

Pour le quatrième trimestre, «octobre a débuté de façon mitigée», estime Brady Dougan. «La récente volatilité des marchés bénéficiant à certaines activités dans les deux divisions, mais en affectant d’autres», selon ses propres termes.

Quant à la base de capital, le groupe dit avoir progressé dans la mise en oeuvre de mesures annoncées dans la foulée du règlement de l’affaire transfrontière aux Etats-Unis. Avec un ratio de fonds propres durs (Look-through common equity tier 1) de 9,8% à fin septembre, il escompte dépasser ses ambitions de 10% d’ici la fin de l’exercice.