Un mot et trois lettres. Au Conseil des ministres des Finances à Luxembourg mardi, les termes le plus souvent entendus étaient «garantie» et «BCE». Explications.

En décidant, à Luxembourg, de relever pour un an à 50000 euros - contre 20000 auparavant - le montant minimal des dépôts garantis au niveau de l'UE, les ministres des Finances des Vingt-Sept courent le risque de voir persister la cacophonie ambiante. De nombreux gouvernements visaient les 100000 euros, mais la différence de taille budgétaire entre pays membres, et le risque de déstabilisation financière aux frontières de l'Europe (Russie incluse) rendait l'affaire compliquée.

L'initiative est donc laissée aux Etats. Sous le regard tout de même de la Commission européenne, chargée de faire respecter l'équité de traitement entre banques et entre clients. L'Irlande, qui a la première proposé de garantir tous les dépôts, s'est attiré les foudres de Bruxelles, de Berlin et du Royaume-Uni, inquiet de voir migrer les capitaux vers Dublin. A ce jour, l'Allemagne, l'Autriche, la Grande-Bretagne, la France, l'Espagne, le Portugal et la Suède ont annoncé leur intention de garantir l'intégralité des dépôts.

La Banque centrale à la barre

Encore 37 milliards d'euros injectés ce mardi. Et, selon le calendrier d'enchères de refinancement en dollars à 28 et 84 jours publié lundi par la BCE, la possibilité de mettre à la disposition des banques, d'ici à la fin de l'année entre 160 et 170 milliards.

A Luxembourg où il participait lundi soir au dîner de l'Eurogroupe, le gouverneur de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, est de nouveau apparu comme le grand ordonnateur de la riposte financière européenne, face aux divergences des politiques.

Mais attention, cet interventionnisme n'est pas illimité: «Il y a des limites à ce que nous pouvons faire, nous n'avons pas la capacité d'intervenir lorsqu'il y a des problèmes de solvabilité», a-t-il cependant précisé hier au Global Policy Forum d'Evian. Car derrière son action se profile un obstacle récurrent: celui de la confiance interbancaire. Or en Europe aujourd'hui, tout comme aux Etats-Unis, celle-ci n'est plus de mise.