Les grandes entreprises proposent parfois des fonds de capital-risque à leurs employés pour que ceux-ci puissent devenir un jour indépendants. Ce phénomène est relativement nouveau en Suisse. Nestlé, Novartis, Roche ou Swisscom ont créé des fonds de capital-risque. Ainsi, la multinationale veveysanne vient tout juste de constituer un fonds de 200 millions de francs pour soutenir les projets qui concernent l'alimentation, la nutrition, la biotechnologie agricole, voire la gestion des relations avec les consommateurs. De son côté, le géant pharmaceutique Roche n'a pas de fonds de capital-risque à proprement parler, mais autorise ses employés à faire de la recherche dans ses laboratoires, les aide financièrement jusqu'au spin-off (vente de divisions non stratégiques par les grands groupes), tout en gardant des parts de la nouvelle société, histoire de ne pas laisser échapper une future perle de la pharmacie. Chez Novartis, l'expérience d'aides aux employés a commencé après la fusion entre Ciba et Sandoz en 1996. Novartis, issu de ce mariage, a créé un fonds de plusieurs centaines de millions de francs, destiné à atténuer l'impact de cette union auprès de ses employés. Au départ, il était destiné uniquement à soutenir toutes initiatives exclusivement de la part des employés pour créer leur propre entreprise. Depuis 2001, le fonds s'est ouvert aux personnes de l'extérieur, notamment aux chercheurs universitaires.

Chez Swisscom la création d'un tel fonds remonte à 1998. Cette fois-ci, c'est au moment où l'entreprise annonçait ses premières grandes restructurations, 3000 personnes à l'époque étaient concernées, que l'idée de réserver une somme de 20 millions pour soutenir toute initiative de ses employés a germé. Jusqu'à maintenant, elle est réservée uniquement à des projets maison.

Pour y avoir droit, les entreprises posent quelques conditions à ses anciens employés. En général, elles prennent une participation minoritaire de la nouvelle entreprise, financent le dépôt de licence ou envisagent même parfois carrément une coentreprise. Il arrive aussi qu'elles demandent un siège au conseil d'administration. Elles accordent certes des prêts à un taux d'intérêt favorable, mais progressif pour ne pas faire concurrence aux banques. Leur remboursement réalimente le fonds pour le soutien d'autres expériences de ce type. Outre les facilités financières, les ex-employés profitent surtout du savoir-faire et d'un soutien logistique de leur ancien employeur (assistance dans le management, dans le marketing, etc.).

La relation avec son ex-employeur doit toutefois être clairement établie. Il est conseillé de ne pas se soumettre à un contrat d'exclusivité de prestations avec lui. Un tel contrat peut se révéler être un piège pour le nouveau chef d'entreprise, car il ne peut pas élargir rapidement sa clientèle, gage de sa survie à long terme. D'autres solutions pour créer son entreprise existent, Demain j'arrête d'être salarié, comment créer son entreprise propose plusieurs solutions.

Ce texte est le deuxième d'une série de trois tirés du livre de notre collaboratrice May Piaget. Intitulé «Demain j'arrête d'être salarié, comment créer son entreprise», ce guide répond aux questions à se poser avant de se lancer – comme l'étude de marché, le plan de financement, ou encore la définition du statut juridique.