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Au total, 147 artisans (marbriers, tapissiers, ébénistes, doreurs à la feuille d’or, etc) ont oeuvré à la renaissance de ce bijou architectural parisien, entre restauration des fresques d’époque, des dorures et des stucs de marbre.
© GONZALO FUENTES/REUTERS

Luxe

Le Crillon, symbole rutilant des palaces parisiens

Le célèbre hôtel de luxe de la place de la Concorde, à Paris, rouvre ses portes ce mercredi à l’issue de quatre ans de travaux. Après le Peninsula en 2015 et le Ritz, rouvert en 2016

S’il était encore vivant, l’hôtelier suisse César Ritz (1850-1918) aurait sans doute du mal à choisir. Place Vendôme, le célèbre établissement qui porte son nom, propriété du milliardaire égyptien Mohamed al-Fayed, a rouvert en juillet 2016 après plus de trois ans de travaux facturés 400 millions d’euros. Place de la Concorde, à quelques minutes à pied, un autre retour en fanfare de l’hôtellerie de luxe s’apprête toutefois, ce mercredi, à lui ravir la vedette.

Estimés à 2 millions d’euros par chambre (il y en aura 124 contre 147 précédemment), les travaux entamés pour transformer du sol au plafond l’hôtel Crillon appartiennent désormais au passé. Le plus célèbre des palaces parisiens revient donc sur l’avant-scène, quatre ans après sa fermeture le 30 mars 2013. Avec un nouvel exploitant: la chaîne hongkongaise Rosewood (19 propriétés dans onze pays), choisie par le propriétaire de ces lieux mythiques: le prince saoudien Mitab ben Abdallah ben Abdel Aziz al-Saoud, qui l’a racheté pour un montant estimé à 250 millions d’euros au fonds américain Starwood Capital en 2010.

Le groupe hôtelier suisse Kempinski – initialement sur les rangs avec le groupe Accor – a cédé devant cette holding familiale chinoise (filiale de New World) dont l’une des héritières, Sonia Cheng, francophone de 37 ans, inaugure aujourd’hui ses fonctions de directrice générale du Crillon, où travaillent près de 400 employés.

Côté luxe, la cure de jouvence de ce palais parisien, construit en 1758 sur commande de Louis XV par l’architecte Ange-Jacques Gabriel, devenu hôtel en 1909, est une révolution. Confiés au groupe Bouygues, dont les équipes ont travaillé jour et nuit à l’abri d’une palissade de protection dressée face à l’obélisque, les travaux ont propulsé ces lieux historiques dans le XXIe siècle de l’hôtellerie de très grand luxe, sans rien toucher à la façade.

Point d’orgue: le creusement d’une piscine en sous-sol, couverte d’une mosaïque de 18 000 écailles en céramique. Le couturier Karl Lagerfeld, également sollicité par le Ritz, s’est vu confier la décoration du plus noble des étages, le 4e, où le prix des suites grimpe jusqu’à 32 000 euros la nuit. Pour les autres chambres, compter au minimum 1000 euros et en moyenne de 4000 à 6000 euros.

Clientèle asiatique

Coté affaires, le retour du Crillon sur le marché de l’hôtellerie de luxe semble tomber à pic. Après les attentats de novembre 2015, la plupart des palaces parisiens ont affiché des taux de réservation en chute libre. Le Shangri-La, inauguré en 2010, le Peninsula, ouvert en 2015 ou le Ritz tout juste rénové ont connu des mois à moins de 20% d’occupation, pour rebondir jusqu’à 65% à la fin 2016. Principal marché pourvoyeur de touristes capables de payer un tel prix pour dormir dans les meilleurs établissements parisiens: l’Asie.

La nouvelle directrice du Crillon vient d’ailleurs de terminer une longue tournée de promotion en Extrême-Orient, accompagnée par quelques-uns des 500 artisans d’art et compagnons sollicités par Bouygues Bâtiment Ile-de-France pour remettre à neuf l’édifice. Beaucoup d’entre eux, d’ailleurs, n’ont eu ces jours-ci qu’à migrer de l’autre côté de la place de la Concorde où vient de s’ouvrir, sur la même façade, le chantier de l’Hôtel de la Marine, qui doit rouvrir en 2019 et abriter, entre autres, une galerie commerciale de grand luxe en rez-de-chaussée.

Deux inaugurations à venir

La vie secrète des palaces parisiens sera rythmée en 2018 par deux autres inaugurations: celle du nouveau Lutetia, face au Bon Marché, et celle du nouvel hôtel de luxe hébergé dans le complexe entièrement refait à neuf de la Samaritaine, par le groupe LVMH de Bernard Arnault. L’arrivée du milliardaire français dans ce secteur est presque aujourd’hui une exception, vu la prédominance des propriétaires étrangers.

Le Bristol (face à l’Elysée) appartient au groupe allemand Oetker, Le Royal Monceau et le Peninsula à un fonds du Qatar, le Plaza Athénée et le Meurice au sultan de Brunei et le Lutetia au groupe israélien Alrov. Tout un symbole car cet hôtel mythique de la rive gauche, réquisitionné par les nazis durant l’occupation, avait accueilli les rescapés des camps de la mort, dont l’ancienne ministre récemment décédée Simone Veil, à qui la République rendra un hommage solennel ce mercredi aux Invalides.

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