En cette fin d'année marquée par l'accélération de la crise financière, Genève accueille la 7e édition du séminaire Wealth Management Forum de Shorex les 2 et 3 décembre. Le salon financier a enregistré, paradoxalement, un record de 2400 visiteurs inscrits.

«Cette forte participation est un effet probable de la crise», estime Philippe Gelin, fondateur de la firme londonienne Shorex. «Les professionnels sont curieux de la situation de leurs pairs, ils veulent partager leurs angoisses, entendre les autres», selon l'organisateur.

«Big» n'est plus «beautiful»

Au menu: la crise bien sûr, mais aussi les places financières internationales, les ETF, les produits structurés, et les hedge funds. Ces derniers viennent en force défendre leur industrie.

Dans cette grand-messe de la finance, il s'agit avant tout de «démystifier la crise financière», titre de la présentation d'ouverture. «Le concept de big is beautiful est très discutable», affirme Vincent Derudder, secrétaire général de la Fédération européenne des conseillers et intermédiaires financiers. «Les clients des petites banques se disent plus satisfaits que ceux d'établissements comme Fortis, Dexia ou Citigroup», selon le financier, qui cite un sondage.

Si Vincent Derudder enterre ce modèle d'affaires, il ne proclame pas pour autant la fin du capitalisme. «Par quoi le remplacer? L'accès au capital, la liberté, l'initiative sont les seuls moyens pour que l'économie mondiale puisse se développer.» Le représentant des intermédiaires d'Europe met en garde contre la réglementation «incompétente», «inutile», «à côté de la cible». Il ajoute néanmoins que l'autorégulation seule «ne suffit pas», prônant «un équilibre entre les règles et la liberté». Il préconise que ceux qui contrôlent la réglementation soient familiers de la pratique bancaire. Des compétences «qu'il faudrait mieux les payer», convient-il.