Logitech a perdu 35 millions de dollars en un trimestre. «Pour la première fois, la crise actuelle a entamé la capacité de résilience de Logitech. Mais nous croîtrons à nouveau, et cette année encore». La verve et l’enthousiasme de Guerrino De Luca, président du conseil d’administration, sont intacts. Mais Logitech traverse une période difficile. Après un nombre record de trimestres à croissance à deux chiffres, la firme a perdu de l’argent lors du dernier trimestre de son année fiscale close le 31 mars: 35 millions de dollars, contre un bénéfice de 60 millions un an plus tôt. La chute est brutale. «Tout s’est déclenché lors de ces six derniers mois, analyse Gerald Quindlen, directeur. Notre chiffre d’affaire augmentait de 14% au premier semestre, avant de baisser de 23% ces six derniers mois».

Le Temps: Comment expliquez-vous des résultats aussi mauvais?

Gerald Quindlen: Ils sont surtout dus au changement radical d’attitude de nos revendeurs. Ils avaient auparavant entre 5 et 8 semaines de stocks. Face à la baisse de la demande, ils ont fait le maximum pour réduire leur inventaire, d’où une chute de nos approvisionnements. En parallèle, nous avons consenti des efforts conséquents sur les prix pour éliminer nos stocks, et notre marge en a souffert.

– Et le pire n’est pas encore passé?

– Le trimestre en cours sera faible car il verra une élimination finale de ces stocks. Ensuite, la demande restera faible, mais ne devrait pas baisser. Nous recevons des signes très importants. Les ventes directes aux clients – des données que nous envoient nos revendeurs chaque semaine – sont encourageantes. Lors du dernier trimestre, l’Asie a progressé de 4%, l’Europe n’a baissé que de 7% et les Amériques de 14%. Et ces chiffres s’améliorent progressivement.

– Prévoyez-vous ainsi une reprise globale rapide?

– C’est impossible à dire. La demande se stabilise. Logitech a éliminé tous ses coûts superflus et la fin des stocks approche: dans ces conditions, nous seront en croissance au second semestre.