Fuite des capitaux, conditions de prêts de plus en plus difficiles et dépréciation de la monnaie nationale. Voilà trois raisons qui, dans le sillage de la crise financière, étranglent de nombreux pays d'Europe de l'Est ou émergents et les obligent à frapper à la porte des bailleurs de fonds. En premier lieu, celle du Fonds monétaire international (FMI), prêteur de dernier ressort et dont le rôle est d'aider les pays qui n'arrivent pas à honorer leurs engagements.

C'est dans ce contexte que le FMI a fait savoir dimanche soir qu'un plan d'une aide substantielle, probablement de 10 milliards de dollars, était en préparation pour la Hongrie. Une telle somme lui assurerait le remboursement de sa dette pendant un an. La crise financière a fragilisé sa croissance qui a été révisée à la baisse à 3,4% pour 2008, contre 5% en 2007 et 9,2% en 2006. L'annonce de l'aide du FMI a immédiatement provoqué un sursaut de la devise hongroise, le forint, qui s'est ressaisie dès lundi matin.

L'annonce de l'aide à la Hongrie précède celle faite aussi dimanche concernant l'Ukraine. Cette dernière bénéficie d'une enveloppe de 16,5 milliards de dollars. Le pays est confronté à une grave crise de liquidités d'autant plus qu'il est pénalisé par la baisse de prix de l'acier dont il est un exportateur majeur. Vendredi, le FMI est venu au secours de l'Islande pour la somme de 2,1 milliards de dollars. Il est également en présence d'une demande d'aide de 2 milliards de dollars de la part de la Biélorussie.

De nombreux autres pays étranglés par la crise financière et écrasés par un difficile marché des capitaux s'apprêtent à faire appel au FMI. Par là même, ils redonnent vie à cette institution qui se trouvait, jusqu'à ces toutes dernières semaines, dans la situation de pompier sans incendie à éteindre. Parallèlement, les doutes sur son avenir se dissipent suite à une volonté internationale de lui donner de nouvelles responsabilités de surveillance de l'architecture financière internationale.

Concurrence

La nouvelle voie n'est cependant de loin pas encore tracée. D'une part, le rôle d'un nouveau FMI sera discuté en novembre lors d'une réunion conjointe entre le G7 (sept pays les plus industrialisés) et le G20 (20 grands pays émergents) à New York.

D'autre part, le FMI, comme prêteur, doit faire face à une nouvelle concurrence, notamment de la part de la Chine qui dispose d'une montagne de liquidités et de pays producteurs de pétrole qui ont accumulé de grandes réserves. L'Islande, avant de frapper à la porte du FMI, s'est d'abord tournée vers Moscou pour un prêt de 2 milliards de dollars. Le Pakistan a fait la même démarche auprès de Pékin. En Amérique du Sud, c'est le Venezuela qui joue au banquier même si sa capacité se réduit avec la baisse des prix pétroliers. L'an dernier, ce pays a mis en chantier la Banco del Sur, une sorte du FMI pour l'Amérique du Sud. Et la semaine dernière, les pays asiatiques ont promis de créer un fonds de 80 milliards de dollars pour aider les pays de la région en déséquilibre financier.