Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le technocrate Carlo Cottarelli a été désigné pour diriger un gouvernement intérimaire en attendant les nouvelles législatives.
© Andreas Solaro/AFP Photo

Marchés

La crise italienne ne devrait pas s'étendre à la zone euro, mais rester nationale

La bourse de Milan a fortement reculé, lundi, en raison de l'incertitude politique en Italie. Les autres places financières ont résisté. Les analystes excluent, à ce stade, un «Italexit» 

Le refus du président italien Sergio Mattarella de nommer un gouvernement ouvertement eurosceptique et les perspectives incertaines de nouvelles élections ont pesé sur la bourse de Milan lundi. Celle-ci a clôturé à -2,08% par rapport à vendredi qui avait déjà enregistré un fort recul.

Autre indicateur qui prend la mesure de la crise: le rendement des obligations italiennes à 10 ans a grimpé à 2,684%, atteignant le niveau le plus haut depuis 2013. A titre de comparaison, celui du bon allemand de référence était de 0,344%.

Lire aussi: Face à l'euro, l'Italie le dos au mur

Car sur le fond, la dette italienne pèse comme une épée de Damoclès sur l’économie de la Péninsule. Elle s’élevait fin mars à 2302 milliards d’euros, soit 132% du produit intérieur brut du pays. C’est le ratio le plus élevé en Europe, derrière la Grèce, et bien loin de la limite de 60% prescrite par le Pacte de stabilité.

Déçu une nouvelle fois

«Les titres italiens ont effacé tous les gains enregistrés depuis le début de l’année en quelques jours, fait remarquer Marie Owens Thomsen, cheffe économiste de la banque CA Indosuez à Genève. On est déçu une nouvelle fois par l’incapacité des Italiens à prendre les décisions qui instaurent la confiance.» Selon elle, les prochaines élections annoncées d’ici le début de l’année prochaine vont prolonger la volatilité. D’autant plus que le gouvernement intérimaire aura une faible marge de manœuvre dans la gestion du pays.

Lire également: Paolo Savona, futur ministre italien de l’Economie?

Marie Owens Thomsen fait toutefois remarquer que les autres places financières européennes n’ont pas suivi le mouvement de la bourse de Milan. Elles ont en effet terminé la journée de lundi en zone négative, mais les pertes ont été limitées. «Notre scénario de base exclut la contagion de la crise italienne à la zone euro, explique-t-elle. Celle-ci s’est beaucoup consolidée par rapport à 2011.» Selon elle, les investisseurs sous-estiment parfois l’engagement des Européens pour minimiser les risques.

A ce propos, Samy Chaar, chef économiste de la banque Lombard Odier, ajoute que les fondamentaux économiques de la zone euro sont solides. «D’autres facteurs comme les perspectives d’une guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, la situation en Corée du Nord ou encore l’éventuelle motion de censure contre le gouvernement espagnol vont influencer les places financières, explique-t-il. Mais globalement, nous restons constructifs sur la base de la solidité et la dynamique de l’économie européenne et mondiale.»

Un retrait serait désastreux

Pour sa part, Gero Jung, chef économiste de Mirabaud Asset Management, souligne que les deux partis non-traditionnels qui pourraient remporter les législatives, usent de moins en moins de la rhétorique de sortie de la zone euro. Cela apaise les marchés et réduit la pression sur le taux de change de la monnaie européenne.

«A ce stade, au lieu d’un retrait, potentiellement désastreux pour les 19 pays membres de la zone euro, les Italiens se focalisent principalement sur des stimuli fiscaux domestiques», dit-il. Selon lui, grâce à son surplus primaire, l’Italie a une marge de manœuvre pour augmenter les dépenses publiques.

A lire aussi: Sergio Mattarella, arbitre déterminé d’un match politique inédit

Samy Chaar tient à souligner que la volatilité à la bourse de Milan ne fait que refléter les bruits sur la scène politique. «A terme, le marché veut savoir comment les Italiens voient leur appartenance à la zone euro, souligne-t-il. En cas d’euroscepticisme marqué, les réactions seront beaucoup plus prononcées.» Il craint toutefois que les prochaines élections ne permettent pas de clarifier le positionnement italien même si le pire des scénarios lui paraît irréaliste.

«Restons constructifs»

Philippe Waechter, responsable de la recherche économique du fonds Ostrum AM, affirme que les prochaines élections générales en Italie seront centrées sur l’appartenance de l’Italie à la zone euro. «Ce qui effraie, c'est que les Italiens n’en sont plus fans», relève-t-il.

Dans le dernier sondage (octobre 2017) Eurobaromètre de la Commission européenne, 40% des Italiens pensaient que l’euro éatit une mauvaise chose pour leur pays, contre 45% d’avis positifs.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)