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La banque  ABLV ne survivra pas aux dénonciations américaines de blanchiment d'argent et de collaboration avec la Corée du Nord. La Banque centrale européenne a demandé sa mise en faillite samedi.
© INTS KALNINS/REUTERS

Zone euro

La crise lettone met en cause la responsabilité de la BCE

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a dû s’expliquer devant le Parlement européen lundi. Selon Moody’s, après la faillite de l’ABLV, deux autres banques lettones sont vulnérables

Les dès sont jetés pour l’ABLV et ses 971 employés. Cette banque, la troisième de Lettonie, a été mise en état de faillite samedi. Après des retraits à hauteur de 600 millions d’euros en trois jours suivant des accusations de blanchiment d’argent et de collaboration avec la Corée du Nord, elle a été jugée incapable d’honorer ses futures obligations vis-à-vis de ses clients et créanciers.

Mais alors que sur son site internet, la banque donne des instructions par rapport à la récupération des dépôts, les regards sont maintenant braqués sur la Banque centrale européenne (BCE). Notamment sur son rôle de superviseur qu’elle assume à partir de 2014 afin d’assurer la solidité des banques de la zone euro.

Dénonciations américaines

La semaine passée, Diane Perret, professeur de finance à la Faculté des hautes études commerciales de l’Université de Lausanne, était parmi les premiers à pointer le doigt accusateur en direction de la BCE. Interrogée par Le Temps, elle mettait en cause la supervision bancaire, qui est du ressort de la BCE pour les 120 banques systémiques de la zone euro. Elle avait fait remarquer que les dénonciations de blanchiment étaient venues des Etats-Unis et que la BCE n’avait fait que réagir.

Lire aussi: La Lettonie s’enfonce dans une crise bancaire qui inquiète l’Europe

Désormais, cette accusation est reprise par de nombreux analystes, mais aussi par le Parlement européen. Lors d’une rencontre lundi, les députés ont réclamé des comptes à Mario Draghi, le président de la BCE. Ce dernier a rappelé qu’il n’avait pas le mandat de lutter contre le blanchiment. A une question sur la crédibilité de son institution et la frontière entre les supervisions nationale et européenne, Mario Draghi a expliqué que le système n’évoluera pas aussi longtemps que chaque Etat s’accrochera à sa souveraineté nationale en matière de supervision bancaire.

Dégâts de réputation

A Riga, la capitale lettone, le gouvernement tente de limiter les dégâts de réputation pour la place financière et assure que la faillite de l’ABLV ne représente pas de risque systémique pour les autres banques lettones ni pour celles de la zone euro. Avant une réunion d’urgence lundi, le premier ministre, Maris Kicinskis, a admis que le pays n’avait pas fait assez pour lutter contre le blanchiment d’argent sale et l’arrivée des fonds étrangers.

Dans une note publiée lundi, l’agence de notation Moody’s a fait ressortir que 30% des dépôts dans les banques lettones proviennent de l’étranger. Le ratio était de 83,9% pour l’ABLV en septembre 2017. Moody’s évoque aussi la banque Rietumu et la banque Norvik comme étant vulnérables et dont la clientèle était essentiellement composée de ressortissants de l’ancien bloc soviétique.

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