devises

La crise de la livre turque fait grimper le franc

Le franc suisse est passé à 1,12 euro ce lundi matin. Les analystes ne voient pas d'issue rapide à cette situation

Le franc continuait lundi de se raffermir face à l'euro, dans un contexte de crise en Turquie qui effrayait les investisseurs par son risque de contagion vers l'Europe. Les valeurs refuges, principalement le dollar mais aussi la devise helvétique, restaient recherchées.

Après être passé dans la matinée sous la barre des 1,13 à 1,1287 euro-franc, la paire de devises se relâchait quelque peu. Sur le coup de 11h00, elle s'échangeait à 1,1320 franc pour un euro, contre 1,1415 vendredi à la mi-journée. La situation sur le marché des devises ne devrait pas se normaliser de sitôt, selon les experts.

Ce lundi matin: La Turquie prend des mesures pour stopper la chute de sa monnaie

L’analyse sévère de Commerzbank

«Les causes de la chute de la livre (turque) sont toujours intactes: l'empêchement par le président turc (Recep Tayyip Erdogan) d'une politique monétaire raisonnable. Tant que cela ne changera pas, la livre continuera de chuter. Et il n'existe pas de limite naturelle» à cet effondrement, ont indiqué les spécialistes de Commerzbank.

L'intransigeance de l'exécutif turc et ses conséquences sur le système bancaire européen - de grandes banques françaises, espagnoles et italiennes sont fortement exposées à la Turquie – ont fait chuter l'euro et bondir le dollar. La recherche de valeurs refuges va maintenir la pression sur le billet vert, ont indiqué les analystes de CMC Markets.

Lire aussi: Erdogan voit dans la chute de la livre turque un «complot politique»

Le gouvernement annonce des mesures

La Turquie a annoncé lundi une série de mesures pour tenter de soutenir sa monnaie, qui s'effrite depuis plusieurs jours sur fond de tensions avec les Etats-Unis et de défiance envers Recep Tayyip Erdogan, qui dénonce un «complot».

La banque centrale de Turquie a notamment indiqué qu'elle fournirait toutes les liquidités dont les banques auront besoin, ajoutant qu'elle prendrait «toutes les mesures nécessaires» pour assurer la stabilité financière.

Publicité