Les aspirants à l'acquisition d'un logement sont plus décidés et ont plus de moyens s'ils sont pendulaires résidant sur la côte vaudoise que dans le canton de Genève. Cette tendance persistera tant que le canton du bout du lac n'offrira pas les quelque 15000 logements qui résoudraient sa crise chronique dans le secteur. Telles sont les principales conclusions d'une étude conduite par la Banque Cantonale de Genève rendue publique mercredi.

L'établissement bancaire a élargi à la région comprise entre la Versoix et Allaman (district de Nyon et ouest du district de Morges) une recherche menée l'an dernier sur le seul territoire genevois.

L'écart des moyens financiers et des comportements est des plus tranchés de part et d'autre de la limite cantonale. Moins d'un résident genevois sur dix est disposé à déménager, et encore, parmi ce nombre, seule une personne sur cinq est prête à quitter le territoire cantonal. Sur une population composée à 82% de locataires, un 37% seulement songe ou a songé à l'accession à la propriété. Sur ce nombre, près de la moitié avoue avoir renoncé à ce projet, notamment pour des questions budgétaires.

Ce dernier élément s'explique par les moyens disponibles. Seul un résident genevois sur 20 est prêt à débourser plus de 800000 francs pour l'acquisition de son logement. «Un niveau budgétaire plutôt bas dans l'optique de l'accession à la propriété», commente Eric Grobéty, statisticien au service marketing de la BCGE.

Pendulaires propriétaires

Les quelque 25000 pendulaires résidant dans le canton de Vaud ont une démarche beaucoup plus proactive. Bien que le taux de propriétaires soit de 49%, près d'une personne sur trois (31%) est disposée à déménager. Enfin, l'aspiration à la propriété est exprimée par 41% des locataires, et dans ce groupe, 8,7% des personnes concernées seulement ont dû y renoncer. Ce faible taux de renonciation s'explique notamment par le fait que la part de la population qui envisage d'investir plus de 800000 francs dans l'achat d'un logement s'élève à la confortable proportion de 32%.

«Ces écarts s'expliquent par les caractéristiques propres au profil socioprofessionnel des pendulaires, poursuit Eric Grobéty. Composée principalement de personnes employées, cette population exclut pratiquement les inactifs, ce qui lui confère une moyenne de revenu et de pouvoir d'achat supérieure.»

Bien que disposant de moyens élevés, la population des pendulaires est composée pour moitié de gens ayant quitté Genève après y avoir vécu. La raison de leurs départs est due en premier lieu à la cherté du logement au bout du lac.

Cette vague continue de départs a certes contribué à libérer 3500 logements, mais elle vide également le canton d'une partie de sa substance, notamment fiscale. Celle-ci ne reviendra pas. Seuls 17% des pendulaires envisagent de retourner vivre à Genève.