Montrées du doigt lors de l'éclatement de la crise des «subprime» - elles auraient sous-estimé le risque des titres finançant la bulle immobilière américaine - les agences éclairant la communauté financière sur les risques encourus en accordant des crédits se font plus circonspectes.

Il y a deux jours, Moody's estimait que quatre fois plus d'entreprises américaines se trouveraient dans l'incapacité de rembourser les emprunts selon les termes requis l'an prochain. Des «défauts» qui concerneraient 4,7% des obligations émises.

En Europe, «un ralentissement marqué» de la conjoncture, et «les tensions sur les marchés» mettront «la qualité des emprunts sous pression, au moins sur le premier semestre», esquissait mercredi l'agence Standard & Poor's. Contrairement aux deux années précédentes, les «abaissements de note devraient être plus nombreux que les relèvements». Les défauts des emprunteurs les plus risqués - ceux à qui il est «spéculatif» de faire crédit - s'avéreront plus nombreux. Ils toucheront cependant moins de 3,5 emprunteurs sur 100, la moyenne observée depuis un quart de siècle.

Les banques très surveillées

C'est évidemment l'avis des agences sur le sort des banques - directement exposées à la crise financière - qui était le plus attendu. Hormis les crises «spectaculaires» ayant balayé la LB Sachsen ou l'IKB, «les banques européennes disposent des capitaux nécessaires pour soutenir les véhicules hors bilan [ndlr: via lesquels elles spéculaient sur les subprime]», rassure l'agence. Si S & P estime encore que la note du risque associé aux emprunts de huit banques sur dix reste «stable», les notes assorties d'une perspective «négative» devraient augmenter ces prochains trimestres.

Seront particulièrement surveillées, les banques d'affaires, en particulier celles finançant des opérations LBO (rachat d'entreprises au moyen d'un endettement massif) ou celles qui investissent dans l'immobilier. Et, à l'évidence, celles exposées à un marché des crédits structurés qui restera perturbé «pour une longue période». Alors que ces banques devront faire face «à un coût plus élevé de leurs refinancements» durant une bonne partie de l'année 2008.