La crise au sein d’Espirito Santo touche la Suisse

Gestion de fortune L’entité de Pully transfère sa clientèle à la Compagnie Bancaire Helvétique

La Compagnie Bancaire Helvétique (CBH) a annoncé mardi soir le rachat de la «majeure partie» des activités de gestion de fortune de la Banque Privée Espirito Santo. Etablie dans la région lausannoise depuis près de quatre décennies, cette dernière fait partie de la myriade d’entités de la galaxie familiale portugaise Espirito Santo.

Cet établissement suisse de 133 employés, au service d’une clientèle dont les avoirs totalisaient 5,6 milliards de dollars à la fin 2013, apparaît comme un nouveau domino emporté par la tourmente financière secouant le groupe familial portugais. Selon un bon connaisseur du groupe, certains clients fortunés ont été affectés par les difficultés rencontrées par la principale structure de tête de l’empire – Espirito Santo International (ESI), enregistré à Luxembourg – dans le paiement de ses échéances; ce qui faisait peser un risque juridique sur l’établissement. Leur transfert vers la Compagnie Bancaire Helvétique vise à stabiliser la situation. L’accord a été signé et couvre une clientèle provenant de la péninsule Ibérique et d’Amérique latine, dont le périmètre exact est en cours de finalisation.

La nouvelle a été annoncée alors que, au Luxembourg, la structure Espirito Santo International – qui est également la principale actionnaire de la Banque Espirito Santo (BES), l’une des plus importantes du Portugal – été placée en redressement judiciaire. La holding avait annoncé vendredi ne pas être en mesure d’honorer ses dettes. Le groupe a dû présenter un plan de restructuration censé lui permettre de vendre des actifs et de lever des fonds. Rien n’a filtré sur les conditions de la justice luxembourgeoise.