Les signes d'une profonde crise économique se multiplient aux Etats-Unis et en Europe. Dans les mots de Jan Amrit Poser, économiste à la Banque Sarasin à Zurich, les problèmes de Wall Street débordent sur «Main Street», c'est-à-dire sur l'économie réelle. Il voit même l'économie mondiale se mettre sur le mode «récession».

La dernière mauvaise nouvelle, en date de ce vendredi, émane de l'économie américaine qui a détruit 159000 emplois en septembre. C'est bien au-dessus des attentes des analystes et c'est le niveau le plus élevé enregistré depuis cinq ans. Les pertes d'emplois concernent le secteur manufacturier, mais aussi celui des services. La restructuration, notamment des banques, a provoqué la suppression de 82000 postes de travail. Pour l'ensemble de 2007, l'économie américaine a détruit 760000 emplois. L'an dernier, elle en avait créé 1,1 million. Le taux de chômage se maintient lui à 6,1%.

Autre mauvaise nouvelle: l'indice ISM qui reflète la vigueur de l'activité industrielle américaine a chuté en septembre à son plus bas niveau depuis sept ans. A 43,5 points, il est juste au-dessus du niveau - 41,1 points - qui annonce un début de récession. A ce propos, le Fonds monétaire international (FMI) indiquait jeudi que la probabilité d'un ralentissement était «forte» aux Etats-Unis.

La France s'enfonce

Dans la zone euro, l'activité manufacturière en septembre a aussi touché son plus bas niveau. La contraction devrait se poursuivre ces prochains mois, selon le FMI. La France, deuxième économie européenne, entre de plain-pied dans la récession dès cet automne. L'Institut national de la statistique (Insee) prévoit un recul de sa croissance de 0,1% au 3e et au 4e trimestre. Citée par AFP, Christine Lagarde, ministre des Finances, ne conteste pas cette éventualité. Comme aux Etats-Unis, l'activité industrielle est en baisse et par conséquent, l'Insee prévoit la destruction de 52000 emplois au 2e semestre 2008.

Chômage en Espagne

L'Espagne, autre poids lourd de la zone euro, a vu sa production industrielle chuter de 7% en août, selon les chiffres publiés vendredi par l'Institut national de la statistique. Sur l'année, le recul est de 11,2%. Comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, Seat, le constructeur automobile espagnol (groupe VW) a annoncé vendredi la suppression temporaire de 750 postes. Coup dur d'autant plus que le pays connaît une forte poussée du chômage. Selon des chiffres publiés jeudi, le nombre de chômeurs a grimpé pour le 6e mois consécutif en septembre à 2,6 millions. Un record depuis 1997 et le plus fort taux de chômage en Europe avec 11%.