Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
La demande de vacances pour la Turquie s’est effondrée. Seul hic: les touristes suisses se rabattent à présent sur des destinations plus occidentales, qui saturent.
© Burhan Ozbilici

Paradoxe

Les crises politiques dopent le revenu des agences de voyages suisses

Depuis le début de cette année, les ventes de la branche affichent une hausse de 5 à 10%. Le contexte géopolitique a fait bondir le prix des vacances en Europe de l’Ouest. Parmi les alternatives: les séjours en Asie, devenus meilleur marché

Les agences de voyages suisses tablent cette année sur un exploit commercial. «Nos quelques membres 940 membres, générant environ 80% du chiffre d’affaires de la branche, affichent déjà des ventes en hausse de 5 à 10%», se félicite Walter Kunz, directeur de la Fédération suisse du voyage (FSV), dont le segment «outgoing» (marché sortant) représente à lui seul 10 milliards de chiffre d’affaires par an, pour 10 000 emplois.

Lire aussi: Quand le terrorisme rebat les cartes du tourisme

En 2015, la moyenne des revenus d’une officine helvétique avait reculé́ de 2%, à 3,193 millions de francs. Alors qu’aujourd’hui plus des deux tiers des réservations passent par Internet, les enseignes helvétiques avec pignon sur rue (environ 20% du marché) n’ont pas non plus enregistré d’exercice flamboyant en 2016. La saison d’hiver, en cours, et celle d’été qui suivra annoncent la fin d’une érosion amorcée depuis plus d’une décennie.

Ventiler le tourisme de masse

Au rythme où vont les réservations, le secteur pourrait même terminer l’année «avec une croissance à deux chiffres», espère Stéphane Jayet, membre de comité de la FSV. Les troubles dans certains pays expliquent en partie cette performance inattendue. «La situation géopolitique est aujourd’hui devenue, paradoxalement, la meilleure alliée des agences. Face aux incertitudes, les clients cherchent à être conseillés, rassurés et hésitent moins à payer pour obtenir des garanties d’annulation en cas de pépin, ce que ne permettent pas des achats en direct», estime Stéphane Jayet.

Les tendances pour 2017? «Nous observons, depuis l’an dernier, un basculement de l’est à l’ouest de la carte européenne», indique Stéphane Jayet. Seules exceptions: La Grèce et Chypre qui a enregistré en 2016 la meilleure année de son histoire touristique. Les destinations d’Europe occidentales, comme l’Espagne et le Portugal, ont le vent en poupe. «En Turquie, par exemple, la demande est quasi morte», précise Walter Kunz. Cet effondrement entraîne un problème de transfert de volumes. «Les capacités turques, de 600 à 700 lits par hôtels, n’ont pas d’équivalent ailleurs», poursuit-il. Prises d’assaut par les touristes, les îles Canaries, la Sardaigne, la Corse, – notamment – saturent. Conséquence: 2017 s’annonce comme l’année des réservations anticipées, soit l’inverse du comportement de dernière minute qui gangrène la branche depuis le début des années 2000, provoquant une chute du nombre d’agences de voyages en Suisse de 2887 à 1622.

Long courrier moins cher

Autre effet corollaire de cet engouement pour les Baléares et le bassin méditerranéen: les vols long-courriers deviennent plus avantageux. «Des compagnies comme Swiss et celles du Golfe se livrent une guerre des prix sur l’Asie, au point de concurrencer des destinations européennes. Vous pouvez par exemple passer aujourd’hui une semaine en Thaïlande, billet d’avion inclus, pour 1000 francs», relève La FSV, qui n’observe pas pour l’heure de désamour envers les Etats-Unis, suite à l’élection de Donald Trump.

Dernier phénomène observé: face au risque terroriste, les touristes boudent les grandes métropoles comme Londres, Paris ou Vienne, pour se rabattre sur de plus petites villes allemandes ou scandinaves. «Pour des questions de confort, la clientèle romande cherche aussi de plus en plus à partir depuis d’autres aéroports que celui de Genève, comme ceux de Berne, de Sion ou de La Chaux-de-Fonds, quitte à payer un peu plus cher», conclut Stéphane Jayet.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)