Difficile de les éviter. Depuis lundi, Swisscom affiche ses nouveaux tarifs de téléphonie mobile sur les murs de Suisse. En vigueur depuis le 25 juin, ils permettent à ses clients, dès 59 francs par mois, de téléphoner de manière illimitée en Suisse, d’envoyer des SMS et des MMS sans compter, et d’accéder à Internet à plusieurs vitesses. Lundi, Oliver Steil, directeur de Sunrise, se demandait si «une telle réduction des prix» était «un signe de conditions loyales dans le marché».

De passage mercredi à Lausanne pour parler de fibre optique (lire ci-contre), Christian Petit, responsable des clients privés chez Swisscom, lui a répondu: «Notre mouvement n’est pas nouveau, nous perdons chaque année 400 à 500 millions de francs de chiffre d’affaires, en grande partie via des baisses de prix continues.» Et de poursuivre: «Il y a en plus une évolution très forte, pour nos clients, vers des services alternatifs de communication, souvent basés aux Etats-Unis, que ce soit pour des messages textes (ndlr: de style WhatsApp) ou de la voix. Il était urgent pour nous de réagir pour faire revenir ces clients vers nos propres services.» Sunrise mettait en avant la faible utilisation de son réseau, par rapport à son concurrent, pour tenir le choc face aux clients pouvant désormais télécharger sans limites des données. «D’accord, mais nous sommes de loin l’opérateur qui investit le plus, et nous sommes toujours en tête des tests comparatifs», réplique Christian Petit.

Selon le responsable de Swisscom, plus de 200 000 de ses clients devraient avoir migré volontairement vers les nouvelles offres d’ici à la fin de cette semaine. «A terme, plus de la moitié de nos abonnés opteront pour nos offres illimitées», estime Christian Petit, qui anticipe une baisse de recettes cette année – «mais cela aurait été pire sans réaction de notre part, surtout les prochaines années.»

Mais des abonnés accepteront-ils de payer pour une vitesse d’accès à Internet bridée? «Oui, et je l’ai testé moi-même plusieurs semaines: même avec la plus petite vitesse, avec l’abonnement à 59 francs par mois, il est aisé de télécharger ses e-mails. Ceux qui voudront regarder de la vidéo devront payer davantage, nous estimons que c’est normal», poursuit Christian Petit.

Swisscom ne force-t-il implicitement pas ses clients à opter pour les abonnements les plus chers pour avoir un débit non bridé? «Non, à chacun ses besoins, je pense qu’il y aura une répartition égale entre tous les abonnements illimités», assure le responsable.

Et Christian Petit d’estimer qu’il ne devra pas contre-attaquer face aux prix, revus à la baisse lundi, de Sunrise: «Nous n’avons pas besoin de réagir, nos offres sont adaptées.»

«A terme, plus de la moitié de nos abonnés opteront pour nos offres illimitées»