La plateforme de streaming Disney+, devenue en une pandémie le moteur du géant de divertissement, comptait plus de 103 millions d'abonnés début avril, mais la croissance moindre de ce chiffre a déçu les investisseurs qui en attendaient 6 millions de plus. Son titre perdait 4% à Wall Street lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse.

«Gardez à l’esprit que nous avons conquis 30 millions de ménages pendant les six premiers mois de l’année fiscale», a rappelé Bob Chapek, le patron du groupe, lors d’une conférence téléphonique.

Lire aussi: Disney ouvre les hostilités dans la vidéo en ligne

Il a promis des investissements conséquents dans les franchises à succès, comme Star Wars. Il parie notamment sur la sortie en juin de la série Loki, des studios Marvel, censée générer «beaucoup d’attention». «L’attention est le précurseur des additions nettes d’abonnements», a-t-il insisté. Surtout, la plateforme a encore des marchés à conquérir - elle sera bientôt disponible en Malaisie et en Thaïlande, notamment.

Les experts prédisent néanmoins une hausse des coûts d’acquisition (marketing, etc.) pour le groupe californien. «Disney+ s’est bien débrouillé pour attirer les fans et les familles mais maintenant, ils vont devoir séduire les spectateurs» non acquis à l’univers de la marque, a noté Joe McCormack de Third Bridge.

Bob Chapek a assuré qu’il tablait toujours sur un nombre d’abonnés total (toutes plateformes confondues, soit Disney+, Hulu et ESPN+) compris entre 230 et 260 millions d’ici la fin 2024.

Des mesures de restriction qui lui ont coûté 1 milliard de dollars 

Le géant du divertissement, qui s’est longtemps reposé sur des chaînes de distribution traditionnelles (télévision et cinémas), a lancé Disney+ juste à temps, avant la pandémie, sans savoir que le service décollerait grâce aux mesures de confinement et qu’il deviendrait aussi rapidement essentiel à ses affaires.

Entre les parcs d’attractions fermés, les croisières interrompues, les salles de cinéma vidées et l’annulation des événements sportifs, l’entreprise peine à se relever du Covid-19. Elle a indiqué jeudi dans un communiqué que les mesures de restrictions et de sécurité liées à la crise sanitaire devraient encore lui coûter 1 milliard de dollars sur son année fiscale 2021.

Au deuxième trimestre de son exercice décalé (janvier-mars), le chiffre d'affaires du groupe californien a perdu 13% sur un an. A 15,6 milliards de dollars (12,9 milliards de dollars), il est inférieur aux attentes du marché.

Des réouvertures de parcs

Toutes ses activités ont vu leurs revenus baisser, sauf les plateformes de distribution directe au consommateur (Disney+, Hulu et ESPN+), qui ont rapporté 4 milliards de dollars (3,3 milliards d'euros), +59% sur un an. Cette division a aussi réduit ses pertes nettes, de 805 à 290 millions (666,6 à 240,1 millions d'euros) en un an.

L'activité «Parcs, expériences et produits dérivés» a réalisé 3,2 milliards (2,6 milliards d'euros) de chiffre d'affaires, une chute de 44% sur un an.

Lire encore: Malgré ses pertes, Disney engrange dans le streaming

L'empire du divertissement s'estime néanmoins en bonne voie grâce aux campagnes de vaccination et aux réouvertures progressives des parcs. «Nous sommes contents de voir de plus en plus de signe encourageants de reprise dans tous nos secteurs», a dit Bob Chapek, le patron du groupe, cité dans le communiqué.

Disney a rouvert ses deux parcs californiens le 30 avril, ce qui augure de meilleurs résultats pour le trimestre en cours.