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Les instituts économiques allemands s’inquiètent du fléchissement des exportations de leur pays et des conséquences à venir des tensions commerciales entre les Etats-Unis et l’Union européenne.
© Fabian Bimmer/Reuters

Conjoncture

La croissance allemande ralentit plus que prévu

La croissance outre-Rhin reste forte mais ralentit plus que prévu. La première puissance exportatrice mondiale est affectée par les incertitudes internationales

L’institut Ifo basé à Munich a abaissé mardi ses prévisions de croissance pour l'économie allemande en 2018. Loin des 2,6% envisagés en décembre, il table désormais sur 1,8% de hausse du produit intérieur brut (PIB).

«L’économie s’est développée beaucoup moins bien que prévu au cours des premiers mois de l’année», explique Timo Wollmershäuser, directeur adjoint de l’Ifo. «Les risques économiques globaux ont considérablement augmenté», ajoute-t-il. Timo Wollmershäuser mise toutefois sur un retour à une croissance soutenue d’ici à la fin de l’année, grâce à une hausse de la consommation intérieure et des investissements publics et privés. Mais il prévient: la croissance allemande restera en dessous de la barre des 2%.

Le fléchissement des exportations inquiète

Ce constat est partagé par d’autres instituts économiques, tels que le DIW de Berlin. Celui-ci table sur une croissance de 1,9% en 2018 et de 1,7% l’an prochain. La Bundesbank a elle aussi abaissé ses prévisions la semaine dernière. Elle s’attend à une hausse de 2% du PIB de l’Allemagne cette année, contre 2,5% initialement prévu.

Lire aussi: L’industrie allemande dans l’incertitude

En mai, ces mêmes instituts avaient relativisé le début de ralentissement constaté en début d’année et l’avaient attribué à des éléments conjoncturels. Aujourd’hui, ils s’inquiètent du fléchissement des exportations, pour une économie largement tournée vers l’international, et des conséquences à venir des tensions commerciales entre les Etats-Unis et l’Union européenne.

«Les barrières commerciales ne sont plus des risques négligeables et pourraient conduire à un effondrement du commerce mondial», estime l’institut Ifo. Parmi les facteurs de risques, la Bundesbank cite aussi une situation politique incertaine dans certains pays de la zone euro, notamment en Italie. Le moral des investisseurs s’en trouve affecté. En juin, il est tombé à son plus bas niveau depuis cinq ans.

Pas assez d’investissements

Le cabinet d’audit EY tire lui aussi la sonnette d’alarme. Dans un rapport publié la semaine dernière, il estime que l’Allemagne investit trop peu et met en danger sa croissance sur le long terme. «L’Allemagne a trop peu investi chez elle au cours de la dernière décennie», note Bernhard Lorentz, associé chez EY. «L’infrastructure domestique a souffert – et cela affecte non seulement l’infrastructure numérique telle que le câble à fibres optiques, mais finalement tous les domaines pertinents pour une croissance intelligente, durable et inclusive. Les différences entre les différents États membres sont claires, l’Allemagne ne se classe ici qu’au milieu de terrain», juge-t-il.

Ces critiques ne sont pas nouvelles. Le Fond monétaire international appelle depuis des mois l’Allemagne à investir de «manière plus énergique». Le nouveau gouvernement d’Angela Merkel en a pris note. Il a prévu une hausse de 37,9 milliards d’euros (43,6 milliards de francs) des dépenses fédérales d’ici à 2022. Il prévoit toutefois de ralentir le rythme, dès 2022.

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