La croissance américaine va atteindre cette année le rythme le plus rapide en 25 ans, a estimé jeudi le FMI, décernant globalement un satisfecit à la politique économique de Joe Biden qui commence à produire une embellie sur le marché de l'emploi.

Aux Etats-Unis, «la croissance en 2021 devrait être de quelque 7%, le rythme le plus rapide en une génération», a souligné le Fonds monétaire international. La reprise est «remarquable» après la récession historique en 2020 provoquée par la pandémie, estime le rapport. Il a, en outre, balayé les inquiétudes sur l'inflation: «Les indicateurs économiques suggèrent qu'un important ralentissement du marché du travail demeure, ce qui devrait servir de soupape de sécurité pour atténuer les pressions sur les salaires et les prix.»

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Pour l'heure, le boom économique américain résulte du reflux de la pandémie grâce à la vaccination. A mesure que les infections par le Covid-19 diminuent, les Etats lèvent les restrictions commerciales.

Une baisse du chômage attendue

En mai, l'économie américaine comptait en effet toujours 7,6 millions d'emplois en moins comparé aux niveaux d'avant la pandémie. Vendredi, le département du Travail publiera son rapport sur l'emploi pour juin. Les économistes tablent sur une légère baisse du taux de chômage, à 5,7%, et des créations d'emplois de l'ordre de 680 000 après 559 000 en mai. Le président Joe Biden commentera ce rapport, le retour au plein emploi étant l'une de ses priorités.

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Jeudi, la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki a d'ores et déjà salué le «creux» dans les demandes hebdomadaires d'allocation chômage qui sont tombées à leur plus bas niveau depuis le 14 mars 2020, l'avant-veille du confinement d'une grande partie du pays. «Le plan économique du président fonctionne: le chômage et le Covid-19 sont en baisse; et les emplois, la croissance économique ainsi que la confiance des consommateurs sont en hausse», a-t-elle réagi sur Twitter.

«Ce n'est pas surprenant de voir les demandes d'allocations chômage chuter étant donné le grand nombre d'offres d'emplois et la réouverture de l'économie qui nécessite de nouvelles embauches», a résumé de son côté Patrick O'Hare, analyste chez Briefing.com. En juin, le secteur privé a créé 692 000 emplois dont 624 000 dans les services, secteur le plus affecté économiquement par la crise, avait indiqué mercredi ADP, un groupe de services aux entreprises.

Pour autant, les employeurs sont confrontés depuis plusieurs mois aux difficultés de recrutement. Une combinaison de facteurs explique ce retour au travail poussif malgré l'offre d'emplois abondante: l'inadéquation entre emplois et profils des chômeurs, le problème de garde d'enfants, la peur du Covid ou encore le changement d'aspiration professionnelle. Les républicains incriminent, eux, les allocations chômage très généreuses depuis le début de la pandémie qui permettent à certains chômeurs peu qualifiés de gagner plus que lorsqu'ils occupaient des emplois peu rémunérés.

Les mesures de Biden saluées

Pour le FMI, la forte reprise est directement liée aux mesures de soutien budgétaire prises par l'administration Biden, citant le plan de 1900 milliards de dollars adopté fin mars, les chèques directs aux ménages ou encore la prolongation des allocations chômage exceptionnelles. Les nouvelles prévisions se basent sur une augmentation des dépenses de 4300 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, ce qui se traduira par une augmentation cumulée de 5,25% de croissance du PIB entre 2022 et 2024.

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Le FMI met toutefois en garde sur la possibilité que le Congrès adopte in fine des plans moins ambitieux que ceux voulus par Joe Biden, ce qui créerait moins de croissance.

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Alors que les Etats-Unis tirent l'économie mondiale, l'institution recommande aussi de lever les mesures protectionnistes, notamment les droits de douane punitifs sur l'acier et l'aluminium mis en place par l'administration Trump. L'organisme pointe aussi le fait que Washington continue de vouloir donner la priorité aux producteurs américains dans les marchés publics, selon la politique «Acheter américain» également mise en place par l'administration précédente. «Ces politiques devraient être reconsidérées», demande le FMI.