La croissance de la Chine va ralentir abruptement cette année en raison du coronavirus. Elle pourrait même tomber à seulement +0,1% contre +6,1% en 2019, selon un scénario du pire dévoilé lundi par la Banque mondiale.

L'institution de Washington souligne que dans une estimation de référence, l'expansion de la deuxième économie du monde pourrait s'élever à 2,3% mais elle prévient que si les effets de la pandémie se faisaient ressentir plus longtemps qu'escompté, le scénario pessimiste pourrait bien se réaliser.

Et contrairement à ce qu'ils avaient fait lors de la crise financière de 2008-2009, les dirigeants chinois semblent cette fois écarter un plan de relance massif dans les infrastructures. «Les conséquences sur l'économie chinoise dépendent principalement de l'évolution de la pandémie aux Etats-Unis et en Europe», principaux partenaires commerciaux de Pékin, souligne ce conseiller, Ma Jun.

La réduction de la pauvreté en berne

«Reste à voir si le gouvernement (chinois) peut réactiver l'activité économique aussi brusquement qu'il l'a arrêtée», indique la Banque mondiale dans un rapport, sur la base de données collectées jusqu'au 27 mars. Le document relève que de nombreuses grandes entreprises industrielles disent avoir repris la production. Mais sur le terrain, un grand nombre de petites et moyennes entreprises sont toujours en difficulté. «Des estimations indirectes, telles que les indicateurs de pollution, montrent que l'activité ne s'accroît que progressivement en Chine», fait remarquer l'étude.

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En outre, dans la région d'Asie du sud-est et du Pacifique, comparé aux estimations effectuées avant la pandémie, la réduction de la pauvreté va être beaucoup moins rapide que prévu, estime la Banque, tablant sur 24 millions de personnes de moins capables de sortir de cette situation difficile, c'est-à-dire vivant avec 5,50 dollars par jour. La Banque s'attendait initialement à une baisse de 35 millions de pauvres dans cette région cette année, dont plus de 25 millions en Chine. Pire, le nombre de pauvres pourrait même au contraire augmenter de 11 millions dans le scénario le plus noir.


Redémarrage surprise de l'activité manufacturière en Chine en mars

L'indice d'activité manufacturière en Chine a connu en mars un rebond surprise après un plus bas historique le mois précédent. L'indice des directeurs d'achats (PMI) pour le mois de mars s'est établi à 52 points contre 35,7 en février, a annoncé mardi le Bureau national des statistiques (BNS). Un chiffre supérieur à 50 témoigne d'une expansion de l'activité et, en deçà, il traduit une contraction.

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Il s'agit d'un résultat bien supérieur à la prévision moyenne des analystes sondés par l'agence Bloomberg, qui tablaient sur 44,8. «La situation sur le plan épidémique continue à s'améliorer en Chine, la vie et les commandes reprennent progressivement et les entreprises ont considérablement accéléré leur production» en mars, a relevé dans un communiqué le BNS.

L'épidémie, qui a eu de graves répercussions sur la production et le fonctionnement des entreprises, a pratiquement mis à l'arrêt le pays en février au moment où des centaines de millions de Chinois tétanisés par le virus se terraient chez eux. Depuis, l'activité reprend à la faveur d'une levée progressive des mesures mais les conséquences sur l'économie devraient s'éterniser.