La croissance du PIB chinois ne devrait atteindre que 6,5% cette année, estime la Banque mondiale dans son dernier rapport trimestriel. En novembre, elle s’attendait encore à 7,5%. S’ils restent positifs, et enviables du point de vue des grands pays industrialisés désormais en récession, ces chiffres n’en sont pas moins les prévisions les plus pessimistes depuis 1990 pour l’économie chinoise.

Le premier ministre Wen Jiabao, à l’ouverture de la cession parlementaire il y a quelques semaines, fixait à ses compatriotes un objectif optimiste de 8% de croissance, sans augmentation du plan de relance. La semaine passée cependant, il a qualifié cet objectif de «difficile mais possible», ajoutant qu’à tout moment, le gouvernement pourrait encore choisir d’augmenter ses mesures de stimulation économique.

Dans son rapport, la Banque mondiale souligne que la Chine est en bonne position pour se remettre rapidement de la crise, notamment parce que ses banques n’ont pas été aussi sévèrement touchées qu’ailleurs par la débâcle des «subprime», et que le gouvernement a rapidement mis en place un plan de relance à 4000 milliards de yuans, l’équivalent de 585 milliards de dollars.

Les fondamentaux de l’économie chinoise sont sains, indique encore le rapport, qui veut souligner que la barre des 6,5% de croissance reste une estimation pessimiste.

Cependant, la Chine ne devrait pas négliger de relancer sa consommation intérieure, recommande la Banque mondiale. En effet, le plan de relance chinois, comprend surtout des investissements dans la construction d’infrastructures et de logements, qui constituent un soutien à court terme pour le produit intérieur. Mais le pays a besoin de rééquilibrer son économie, qui s’appuie sur une industrie intensive tournée vers l’exportation, alors que le pouvoir d’achat des Chinois et la consommation intérieure, restent très faibles.

Les récentes statistiques gouvernementales ont montré une chute de 25,7% de l’activité manufacturière en février, et une baisse de 15,6% des investissements directs étrangers. 20 millions d’ouvriers migrants ont déjà perdu leur emploi et sont retournés dans les campagnes. Le gouvernement se prépare à une période de grande instabilité sociale et a déjà pris des mesures de renforcement de sa sécurité intérieure.