Le produit intérieur brut (PIB) de la Chine devrait avoir progressé de 6,8% au premier trimestre, au même rythme qu’au cours des trois mois précédents, soutenu par les dépenses d’infrastructure du gouvernement et un marché immobilier toujours en plein boom, d’après une enquête de Reuters auprès de 60 économistes. La Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR) a confirmé le résultat de cette enquête en disant que la croissance de la deuxième économie mondiale était restée stable sur les trois premiers mois de l’année.

Une perte d’élan à venir

Les économistes interrogés par Reuters s’attendent toutefois à ce que l’activité chinoise perde de son élan par la suite, les effets des mesures de relance gouvernementale s’estompant et les autorités locales cherchant à juguler la surchauffe immobilière.

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Une politique monétaire plus restrictive de la banque centrale et des efforts accrus des autorités de contrôle pour limiter le risque d’emballement du crédit et le développement de bulles sur le prix des actifs pourraient aussi peser sur la croissance s’ils ne sont pas bien gérés, ont dit des économistes.

«La croissance reste alimentée par les investissements en infrastructures et par le secteur immobilier, mais l’investissement immobilier devrait ralentir au deuxième semestre du fait des contraintes sur les achats de logements et les prêts hypothécaires», a dit Tang Jianwei, économiste chez Bank of Communications.

Le gouvernement vise 6,5% en moyenne sur l’année

«L’économie se stabilise et s’améliore, mais il y a encore des risques baissiers à moyen terme.» Un chiffre de croissance supérieur aux attentes pourrait favoriser les marchés d’actions et de matières premières, mais une déception risquerait d’alimenter les sorties de capitaux et de raviver les pressions baissières sur le yuan.

Le gouvernement vise une croissance de 6,5% en moyenne sur l’année, légèrement en dessous de la fourchette de 6,5% à 7% affichée pour 2016 et des 6,7% réalisés, qui représentait un plus bas de 26 ans. Les dirigeants chinois se sont dits prêts à accepter une croissance plus modeste cette année afin de prévenir les risques financiers créés par la croissance explosive du crédit.

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Les 25 économistes sur les 60 interrogés qui ont donné une estimation de la croissance d’un trimestre sur l’autre s’attendent en moyenne à une hausse de 1,6% du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre après 1,7% sur les trois mois précédents. La plupart des analystes s’accordent à dire que le marché immobilier représente le risque le plus important pour la croissance.