économie

La croissance a reculé en Suisse l’an dernier

Le produit intérieur brut (PIB) suisse a progressé de 1% en 2017, contre 1,4% en 2016, selon une estimation provisoire publiée par le Seco jeudi. Les bons résultats du dernier semestre n’ont pas réussi à compenser un début d’année plus poussif

Après un début d’année timide, la reprise conjoncturelle, s’appuyant sur une assise toujours plus large, s’est fortement accélérée, a expliqué jeudi le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) dans un communiqué. L’an dernier, la croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est montée à 1%, selon une estimation provisoire, contre 1,4% en 2016.

Entre octobre et décembre 2017, le PIB a augmenté de 0,6% par rapport au trimestre précédent. Et au troisième trimestre, il a affiché une hausse de 0,7% (chiffre révisé). Selon le Seco, ces deux résultats sont nettement supérieurs à la moyenne.

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Croissance jugée modeste en comparaison internationale

La croissance trimestrielle a été «réjouissante», ont indiqué les économistes de VP Bank dans un commentaire. L’ensemble de l’exercice écoulé a cependant été «décevant», en raison de la faiblesse du premier semestre. Comparée à la dynamique dans la zone euro, la progression en Suisse a été jugée «modeste» par les spécialistes de l’établissement liechtensteinois.

«Au chapitre de la production, la croissance a été portée à parts à peu près égales par les secteurs de l’industrie et des services au quatrième trimestre», précise le Seco.

Hausse supérieure à la moyenne dans la construction

Avec une progression de 1,2% entre octobre et décembre 2017, l’industrie manufacturière n’a pas complètement gardé le tempo des trois mois précédents. Parmi les autres branches industrielles, seul le secteur de l’énergie a enregistré un résultat trimestriel négatif (-2,8%). Quant à la construction, elle a affiché une hausse supérieure à la moyenne (1,4%), après trois trimestres légèrement négatifs.

Au niveau des services, la branche de l’hôtellerie et de la restauration a progressé de 1,6%. Les secteurs des transports et de la communication (+0,7%) ainsi que de l’administration publique (+0,5%) ont augmenté, tout comme celui de la santé (+0,4%).

Les services financiers (2,3%) ont, eux aussi, fourni des impulsions positives au PIB, après un trimestre négatif. Le commerce a, par contre, légèrement reculé (-0,1%).

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Consommation privée en légère hausse

Sous l’optique des dépenses, la demande intérieure a contribué de manière positive à la croissance, même si la consommation privée, pilier du PIB helvétique, a connu une progression modérée de 0,2%. Cette dernière a été soutenue par la santé, le logement et l’énergie ainsi que les prestations d’hôtellerie et de restauration.

La consommation publique (+0,5%) s’est, elle, inscrite dans la moyenne à long terme, souligne le SECO.

Exportations en repli

Sur le plan des échanges commerciaux, les exportations ont contribué de manière négative à l’évolution du PIB au quatrième trimestre. Les ventes de marchandises à l’étranger ont reculé de 1,4%, après un trimestre précédent très fort cependant.

Si le commerce de transit et les exportations d’énergie ont connu une évolution négative, celles de produits chimiques et pharmaceutiques ainsi que de machines et de métaux ont continué sur leur lancée positive des trimestres précédents. Les exportations de services ont, elles, enregistré un repli de 2,7%.

Quant aux importations de services, elles ont diminué de 5,1%. Mais celles de marchandises ont bondi (+4,4%), notamment dans le domaine des véhicules, des machines et des métaux.

Concernant l’année 2018, «la situation devrait s’améliorer, grâce au rebond de la conjoncture mondiale et l’affaiblissement du franc par rapport à l’euro, principale monnaie d’exportation», observe VP Bank. Les différents instituts s’attendent pour 2018 à une croissance comprise entre 1,6% et 2,3%. En 2019, le PIB est anticipé en hausse de 1,7% à 2%.

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