Après un début 2010 en fanfare, la croissance de l’économie suisse a décéléré au 3e trimestre. La bonne résistance des exportations à la cherté du franc devrait cependant avoir limité la casse, prévoient des experts avant la publication jeudi par le SECO de son estimation de l’évolution du PIB.

Entre juillet et septembre, le produit intérieur brut (PIB) helvétique devrait avoir connu une hausse située entre 0,4% et 0,8% par rapport au trimestre précédent, selon les économistes de quatre établissements bancaires interrogés par l’ATS. En variation annuelle, l’augmentation devrait atteindre 2,5% à 3,5%.

Pour rappel, les taux de croissance publiés par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) pour le 1er et le 2e trimestres étaient respectivement de 1% et de 0,9% (2,2% et 3,4% en variation annuelle). Dans ce contexte, l’essoufflement attendu par les experts au 3e trimestre n’est «qu’un retour logique à un rythme plus conventionnel», a souligné Adrien Pichoud (Syz&Co).

Des producteurs créatifs

Au niveau de l’évolution conjoncturelle, la Suisse reste donc bien placée à l’échelon européen, selon Roland Duss (Gonet&Cie). Une santé économique due notamment au fait que les exportations ont maintenu le cap: «Le commerce extérieur a été meilleur au 3e trimestre qu’au 2e», a rappelé l’économiste.

«C’est remarquable car ça montre que la Suisse peut vivre avec un franc fort», s’est réjoui Janwillem Acket (Julius Baer). En période difficile, les producteurs font en effet preuve de créativité, notamment en sous-traitant dans la zone euro.

La valorisation du franc n’a certes pas été sans conséquences dans certains domaines du commerce extérieur, dont le secteur industriel et les machines en particulier. Mais les branches telles que la pharma et l’horlogerie ont bien résisté, a noté pour sa part M. Pichoud. «Du coup, on a limité la casse.»