SAGE affiche ses ambitions. Devenir l'Avaloq ou le Temenos de demain? «Pourquoi pas», glisse Robert Tschan, cofondateur de la petite société informatique du Mont-sur-Lausanne (VD). Celle-ci est d'abord connue pour ses logiciels destinés à la gestion d'abonnements et à la distribution de la presse - avec des clients comme Edipresse ou le Financial Times.

Pour ses vingt ans d'existence, elle souhaite aujourd'hui donner un véritable coup de fouet à son logiciel bancaire intégré, baptisé Prospero, en le développant à l'international. A cet effet, elle a annoncé vendredi avoir conclu un partenariat avec un géant indien de l'informatique, HCL.

«Nos spécialistes ont été impressionnés par les qualités de Prospero», a souligné Prem Kumar, responsable des services financiers chez HCL (32000 personnes à travers le monde pour un chiffre d'affaires de 3,3 milliards de dollars). La multinationale s'occupera notamment de la distribution et de l'implémentation de Prospero - qui s'adapte à toutes les langues et permet la gestion complète d'un établissement - à l'étranger.

«Nous arrivons très fréquemment en tête des processus d'évaluation, même dans de grands établissements bancaires, indique Pierre Bally, cofondateur de SAGE. Mais les décideurs n'arrivent pas à imaginer qu'une petite PME de 40 collaborateurs puisse assurer la suite.» C'est pour faire face à cette absence de taille critique que la société, qui vient d'ouvrir une antenne à Genève, a choisi la solution du partenariat.

Elle navigue ainsi à contre-courant dans ce secteur. Normalement, les sociétés informatiques occidentales décrochent des contrats et développent leur solution en Inde, où la main-d'œuvre est moins onéreuse. SAGE fait l'inverse et veut continuer à améliorer Prospero, qui représente déjà près de 70% de son chiffre d'affaires, sur son site vaudois.

Si ses ventes sont tenues secrètes par les dirigeants, elles devraient vraisemblablement dépasser les 10 millions de francs l'an prochain. Pour autant que l'alliance avec HCL débouche rapidement sur de nouveaux contrats. «Une première affaire devrait être conclue avant la fin de l'année», assure Robert Tschan, qui précise que SAGE a toujours été profitable et n'a pas de dettes. Le cofondateur mise sur les marchés indien et américain, en raison de la forte présence de HCL, mais aussi de la Chine: «En décembre, ce pays va s'ouvrir au private banking, et nous comptons bien en profiter.»

Si elle compte déjà quelques clients, comme Merrill Lynch, Mirabaud ou Heritage Bank (qui est actionnaire de SAGE à hauteur de 11,5%), l'objectif de la PME est clairement d'accrocher de grands noms à son portefeuille clients. Cela devrait se traduire par une quinzaine d'engagements l'an prochain.