Technologie 

La cryptofinance promet de faire exploser la richesse dans le monde

Invité de la BNS, un représentant de cette nouvelle technologie basée sur la communication mobile promet des coûts de transaction inférieurs au cash, au bitcoin et à la finance actuelle

Lors de sa «Journée Repo» traditionnellement consacrée au marché monétaire, la BNS a invité le représentant d’une nouvelle technologie, la cryptofinance, vendredi à Zurich. La banque centrale n’est pas la première à découvrir les atouts de ce système basé sur la communication mobile. «La BCE effectue des recherches à ce sujet», confie Johann Gevers, directeur et fondateur de Monetas, à Zoug, lors de sa présentation. L’innovateur devrait lancer son projet en Afrique à la fin 2016 ou au début de l’année prochaine.

«Par sa transparence, ses faibles coûts et sa standardisation, la cryptofinance évite les défauts et les risques du système actuel», explique ce diplômé en philosophie, en mathématique, en comptabilité et en fiscalité.

Avec Paymit et Twint, un portable donne un ordre à sa banque. A l’inverse, la cryptofinance n’a pas besoin de compte en banque. Le téléphone portable effectue lui-même la transaction de façon sûre et transparente. Le processus est très bon marché, moins de 1%, même pour une transaction d’un dollar. «Il est même moins cher que le cash, lequel coûte entre 1 et 2% du PIB», selon Johann Gevers.

Cette nouvelle technologie se veut performante. La cryptofinance réalise des transactions à une vitesse d’un centième de seconde, soit 1000 fois supérieure au bitcoin. En outre, ses capacités sont extensibles.

Eviter Google et Apple

«Afin d’éviter que Google ou Apple ne s’approprie le marché, les banques centrales peuvent elles-mêmes considérer l’émission de leur monnaie actuelle sur cette nouvelle infrastructure», lance Johann Gevers. A son avis, cette nouvelle infrastructure n’empêcherait pas la banque centrale de conserver sa marge de manœuvre monétaire.

La cryptofinance s’appuie sur les trois principales causes de la prospérité, selon Monetas. Le droit de propriété doit être garanti et les échanges être bon marché. L’entrepreneur explique qu’une baisse de 0,1% des coûts de transactions permettrait de quadrupler la richesse dans le monde. Troisièmement, il faut être ouvert et intégré au plus grand réseau possible. Or le marché des capitaux est malheureusement inaccessible à 60% de l’Asie et 80% de l’Afrique. «La cryptofinance est la technologie qui répond à tous ces défis et fera exploser la richesse dans le monde», fait valoir l’innovateur.


La finance actuelle repose sur une infrastructure obsolète et coûteuse, selon Monetas. La montagne de réglementations, différentes d’un pays à l’autre, renchérit les transactions. La cryptofinance révolutionne la finance en combinant deux systèmes. Le premier, à l’image du bitcoin, est dit consensuel, dans le sens où une communauté répond à un besoin précis de façon sûre, décentralisée et transparente. Mais le bitcoin, et d’autres systèmes similaires, est limité et coûteux (10 dollars au minimum). Le deuxième est dit contractuel dans la mesure où il se fonde sur des contrats privés et homogènes. Selon le professeur zurichois Willi Brannertz, tous les produits financiers peuvent se réduire à 30 contrats standardisés. La cryptofinance a besoin du premier système pour le stockage de l’argent et du deuxième pour la réalisation des transactions.

Dans l’immédiat, le défi est réglementaire. Il s’agit d’offrir à la cryptofinance un cadre réglementation claire et peu coûteux. L’entrepreneur est en discussion avec la Finma à ce sujet. Une association a été formée sur ce thème, la «Digital Finance Compliance Association» (DFCA).


A lire aussi:

Publicité