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Sur les seuls mois de janvier à avril, les fonds récoltés par le cryptocrowdfunding en ligne ont dépassé de cinq fois fois les montants levés à travers des fonds d’investissement traditionnels.
© VALENTIN FLAURAUD/Keystone

Cryptovalley

Crypto-fundraising et réintermédiation

Désormais, un token nouvellement émis doit généralement être doté d’une utilité, affirme notre chroniqueur

Partout autour du monde, le cadre légal entourant les ICO (initial coin offering, ou levée de fonds organisée via l’émission d’une cryptomonnaie) est en voie de se clarifier et les règles émises par les principaux régulateurs montrent des signes d’harmonisation. De façon générale, afin d’éviter d’être classifié comme un produit financier, et donc soumis aux règles correspondantes, un token nouvellement émis doit être doté d’une utilité, un peu comme un timbre qui permet à son acheteur d’accéder à un service postal.

Cette utilité doit être accessible aux acheteurs dès la mise sur le marché des tokens, faute de quoi ces derniers représenteraient une promesse de produit futur, qui donnerait à leur acquisition un caractère d’investissement spéculatif. Ces dernières années, la plupart avaient pris le parti d’utiliser le lancement de leur token comme plateforme de communication afin de présenter leur vision et de recevoir les fonds permettant de réaliser le projet au cours des années à venir. Autant dire que l’obligation qui se dessine est en passe de complètement renverser ce système.

Rêve brisé

Sur les seuls mois de janvier à avril, les fonds récoltés par le cryptocrowdfunding en ligne ont dépassé de cinq fois les montants levés à travers des fonds d’investissement traditionnels. Constatant cette évolution, de nombreux commentateurs voyaient déjà une foule citoyenne prendre le pouvoir et désintermédier les capital-risqueurs traditionnels. La réglementation telle qu’elle se dessine est en passe de briser ce rêve.

Pour récolter l’argent nécessaire à la création d’un prototype fonctionnel, de plus en plus de fondateurs se dirigent en effet vers les solutions offertes par les investisseurs professionnels. On en revient donc au système connu comprenant business angels et venture capitalists. Quant aux tokens, ils pourront être vendus pour financer la phase de croissance, une fois le produit lancé. Voire même donnés: on a récemment assisté à une augmentation considérable du nombre d’«airdrops», consistant en la distribution gratuite de tokens à des adresses Ethereum répondant à un certain nombre de conditions fixées.

Cette dernière solution est peut-être la plus élégante, car s’il existe une demande pour le produit envisagé et que les tokens émis ont réellement une utilité, un marché se créera, permettant l’achat et la vente de ces derniers. Et pour les investisseurs comme pour les fondateurs qui en recevraient une partie, ces tokens représenteraient un bonus pour la création d’un nouveau marché décentralisé, reçu en échange du risque important encouru.

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