La chronique des changes

Les cryptomonnaies comme générateur de revenu passif

La plupart des nouvelles cryptomonnaies fonctionnent sur des règles de consensus différentes de celle du bitcoin

Ce serait un euphémisme que de dire que le bitcoin n’a de loin pas encore convaincu les masses, autant du point de vue des investisseurs que des utilisateurs. En effet, sa forte volatilité, ainsi que les nombreuses incertitudes concernant le futur cadre réglementaire, a incité la majorité des personnes à rester à l’écart des cryptomonnaies en général.

L’avènement du bitcoin comme nouvelle solution de paiement a également mis en lumière le fonctionnement de sa technologie sous-jacente, la blockchain, et plus particulièrement la consommation d’énergie considérable engendrée par le fonctionnement du protocole Bitcoin.

Les plus fervents détracteurs du bitcoin n’ont d’ailleurs eu cesse d’insister sur le caractère non écologique de son fonctionnement. Selon certaines estimations, le réseau bitcoin aurait consommé plus de 1,7 milliard de kilowatts heure au mois de février dernier, soit plus 21 milliards de kWh sur une année, l’équivalent de la production d’énergie d’au minimum sept centrales nucléaires. Bien évidemment cela ne reste qu’une estimation puisque de nombreux paramètres entrent en ligne de compte.

Preuve de travail

La relation entre la consommation d’énergie du bitcoin et la génération de rendements passifs peut sembler obscure. Cependant, ces deux phénomènes ont un dénominateur commun qui est le mode de gouvernance ou, plus spécifiquement, les règles qui permettent au réseau d’atteindre le consensus au niveau des transactions. En effet, l’utilisation d’une architecture décentralisée pose le problème de la confiance entre utilisateurs. Comment savoir si tel individu, ou telle partie, a soumis des informations correctes dans la base de données, en d’autres termes, comment s’assurer qu’il n’y a pas de transactions frauduleuses? Etonnamment, la solution à ce problème est assez simple puisqu’elle repose sur l’incitation économique.

Dans le cas de Bitcoin, la solution retenue est le consensus Proof-of-Work (preuve de travail). Comme vous le savez sûrement déjà, ce protocole consiste à demander à l’utilisateur qui veut inscrire de nouvelles informations – appelé mineur – de résoudre un problème mathématique le plus rapidement possible. Le mineur qui résout le problème en premier remporte le droit de créer le prochain bloc et reçoit, sous condition que les informations inscrites dans le bloc soient correctes, une rémunération dans l’unité de compte du réseau. Le coût engendré par la résolution de ce problème permet de garantir la fiabilité des informations inscrites dans la blockchain. Dans le cas de bitcoin, le mineur se verra rétribuer 12,5 bitcoins par bloc validé. A noter que la rémunération est une fonction décroissante de «l’âge» du réseau. A partir de mai 2020, cette récompense ne sera plus que de 6,25 bitcoins par bloc. Malheureusement, il y a bien longtemps que cette activité n’est plus rentable pour les utilisateurs lambda, tant le réseau est devenu compétitif.

Preuve d’enjeu

Cependant, tout espoir n’est pas perdu, puisque la plupart des nouvelles cryptomonnaies fonctionnent sur des règles de consensus différentes. L’une des alternatives les plus connues est le Proof-of-Stake (preuve d’enjeu). Contrairement à la preuve de travail qui est très gourmande en énergie, la preuve d’enjeu est beaucoup plus écologique, puisqu’elle ne requiert de l’utilisateur que de prouver la possession d’une certaine quantité de cryptomonnaie qu’il met alors en dépôt – il devient à ce stade un validateur. La logique sous-jacente veut qu’un utilisateur qui détient cette cryptomonnaie ne prenne pas de décisions qui pourraient impacter de façon négative la valeur de son investissement et donc du réseau. Plus le montant mis en dépôt est important, plus la probabilité d’être choisi pour produire le prochain bloc est élevée. Ce modèle se décline en de multiples variantes que je ne couvre pas dans cet article, notamment les MasterNodes, ServiceNodes et consorts.

La génération de revenu via la preuve d’enjeu n’est néanmoins pas sans contrainte, puisqu’elle nécessitera généralement de maintenir une connexion permanente entre votre wallet et le réseau. Le facteur temps étant une variable déterminante dans le processus de sélection du validateur pour le prochain bloc. Il existe des solutions très simples pour remédier à cette contrainte, comme la location d’un serveur ou encore l’utilisation d’un nano-ordinateur (de type Raspberry Pi). Finalement, la sélection des cryptomonnaies pour lesquelles vous souhaitez devenir validateur sera déterminante, puisque votre rendement dépendra du nombre d’unités de cryptomonnaie que vous avez mises en dépôt, ainsi que de votre prix d’achat moyen. De nombreux projets très prometteurs sont encore plus qu’abordables, saurez-vous les dénicher?


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